vendredi 30 juin 2017

Supertoys et autres histoires du futur - Brian Aldiss

Et on termine ce mois anglais par une dose de SF.
Brian Aldiss, ce nom est peut-être inconnu, en tout cas moins connu que ceux de ses contemporains ( au moment où j'écris, il est toujours vivant et a 91 ans) américains:  Isaac Asimov, Ray Bradbury, Philip K Dick, Alan Nourse, Kurt Vonnegut.. pour ne citer que ceux de la même génération, ou que Arthur C Clarke, son contemporain de la décennie précédente.

Par contre vous avez peut-être vu l'adaptation de la nouvelle qui donne son titre au recueil, Les supertoys durent tout l'été ( 1964), sous le titre A.I, Intelligence Artificielle, réalisé il y a une quinzaine d'années par Steven Spielberg

Et je le dis de suite: non je ne l'ai pas vu. Je n'aime pas spécialement Spielberg, et encore moins dans sa veine récente. Je sauve Duel, Rencontre du 3°type, les aventuriers de l'arche perdu et le méconnu 1941,et, oui, je n'ai rien à secouer de Jurassic Park, de la couleur pourpre ni du soldat Ryan, ni de la liste de Schindler. Sifflez, j'm'en fous.

Et ce d'autant plus que , ce que nous apprend l'avant propos de ce livre écrit par Aldiss, c'est que l'adaptation devait être faite dès les années 1970 par Stanley Kubrick à qui cette histoire plaisait beaucoup( oui, le réalisateurde Full Metal Jacket, Orange Mécanique, Shining, 2001 Odyssée de l'espace ou Dr Folamour. Rien que ça...) D'un point de vue purement cinématographique, et personnel je considère Kubrick largement supérieur à Spielberg. qui a été bon à un moment dans le cinéma de divertissement, mais me gave sincèrement quand il part dans le pathos.

Mais j'avoue que j'ai du mal à imaginer Kubrick adaptant une histoire aussi intimiste, et apparemment lui aussi a fini par jeter l'éponge voyant qu'il serait impossible de transformer une nouvelle de quelques pages en grande fresque filmique, lui-même et Aldiss n'arrivant  pas à se mettre d'accord sur une manière de développer ce court récit.
Maiiiis d'autre part, la critique sociale sous jacente de la nouvelle aurait pu donner quelque chose d'intéressant à la sauce Kubrick. Bon le film n'existe pas, et c'est dommage, mais l'impulsion a été donnée à l'auteur qui a complété la nouvelle plusieurs années plus tard par deux autres" supertoys" pour en faire une mini trilogie, chacune reflétant plus ou moins les préoccupations sociales du moment d'ailleurs, avec comme fil directeur une critique de la surconsommation.




Dans "les supertoys durent tout l'été", il y a le portrait parallèle de Henry Swinton, commercial dans une société de robotique pour clientèle ultra riche, et de sa femme Monica qui s'ennuie à mourir seule chez elle. Dans cette société futuriste, la surpopulation est telle que les couples doivent participer à une loterie pour gagner par tirage au sort le droit d'avoir un enfant, alors pour pallier ça, Henry a offert à sa femme David, un des produits de leur société, petit robot à l'apparence d'enfant de 5 ans qui ne sait rien de sa vraie nature. Et pendant qu'Henry court le monde en vendant des créations toujours plus délirantes au quart de l'humanité qui vit dans l'opulence et se gave sans un regard pour le 3/4 de la planète qui crève de faim en pataugent dans les ordures - sa boîte a même inventé un robot à avaler, succédané de taenia, permettant de manger comme 4 et de picoler sans prendre un gramme ni risquer la gueule de bois - pendant ce temps donc, Monica se débat avec David, qu'elle repousse parce qu'il restera à jamais un enfant de cinq ans ( alors qu'elle n'a pas de problème avec Teddy, robot assistant à l'allure plus rassurante d'ours en peluche). Monica patauge en pleine vallée de l'étrange avant même que le concept ne soit inventé, complexe de ne pas considérer David, doté d'une intelligence supérieure à d'autres robots et qui se pose des questions existentielles sur la réalité, comme un être humain vivant, ce qu'il n'est effectivement pas, mais en même temps parle de l'abandonner au rebut dès qu'elle apprend qu'elle et son mari ont été tirés au sort. Tandis que David qui en sait rien de sa nature ou de celle de Teddy se demande pourquoi ses parents ne l'aiment pas, il a été programmé pour réagir comme un enfant de 5 ans "standard"
Donc d'un côté une critique de la société de consommation,où les riches vivent en espace clos avec de fausses fenêtres pouvant se programmer pour admirer le paysage choisi, Monica ayant choisi d'afficher un perpétuel été dans un jardin virtuel, pour ne pas voir la misère, la surpopulation et la pollution.
De l'autre une réflexion assez subtile sur, non pas l'intelligence artificielle, mais plutôt "qu'est-ce que c'est la réalité. Est-on ce que l'on croit être? Peut-on arriver à combler le décalage entre ce qu'on pense être et ce que les autres projettent sur vous?
Les suites " les super toys en hiver", puis "les supertoys les autres saisons" va creuser cette réflexion. Monica a gardé David qu'elle néglige toujours, car sa grossesse a échoué, ce dont elle se plaint abondamment sur un prototype de chat internet ou de Facebook avant l'heure. Elle a reporté son affection sur un autre robot, Jules, à l'allure de vieux majordome qui évoque des souvenirs lointain de son père. Mais lorsque Jules tombe en panne, et que David suggère " c'est pas grave c'est un robot tu pourras le remplacer", elle finit par lâcher ce qu'elle retenait depuis des années " et toi et Teddy aussi vous êtes des robots", révélation qui provoque une série d'accidents en chaîne où Monica va laisser la vie... pendant qu'Henry toujours au loin continue à vendre du rêve à des rupins.
3° acte: alors que David, seul et endommagé se dirige vers "throwaway city", la ville ou échouent les robots endommagés ou vite devenus obsolètes dans la course au progrès, Henry fait enfin l'erreur qui va le faire tomber de haut, et est renvoyé à la case départ, sa femme est morte, son enfant adoptif porté disparu, il sort de sa bulle et se rend enfin compte de l'état du monde, asphyxié de plastique, monde qu'il a contribué à créer
Très intéressante réflexion, sur la course au progrès, et cette dernière partie est saisissante, avec son bidonville de robots qui ressemblent à des travailleurs handicapés licenciés ou à des retraités laissé sur le bord de la route de la croissance. C'est même le plus intéressant, puisqu'on est passé d'un questionnement sur le réel et l'identité, à un questionnement plus global sur " le progrès, oui, mais à quel prix".
Très anglais aussi dans son humour absurde et noir, puisque la société où travaille Henry se nomme Synth-claws, et l'un des actionnaires Mr. Aintworthy. En gros, Monsieur "cestpaslapeine". Henry a tellement été ambitieux et aveuglé par le succès qu'il est lui même mis à la porte de sa société, maintenant dirigée par une entité.. robotique. Exit l'humain, les machines qu'il a créées l'ont dépassé et rendu obsolète à leur tour.
Une très jolie découverte d'une profondeur intéressante, du coup j'ai encore moins envie de voir l'adaptation passée à la moulinette Hollywood, je crains qu'elle ne perde sa subtilité.

Pour les autres nouvelles, elles datent toutes d'époques disparates (il y a 19 textes en tout) et sont.. disons, pour le moins inégales.
On y retrouve des thèmes récurrents, comme la mise en scène très grandiloquente de choses qui ne devraient pas l'être ( un suicide par décapitation, annoncé bien à l'avance t pour lequel des places se vendent cher, un changement de sexe par l'hypnose - oui, WTF?!, ou le voyage dans le temps d'une starlette qui n'a plus un os d'origine dans le corps, ni une once de sincérité"- Je pense que cette phrase résume bien l'idée générale qui ressort de ces nouvelles: une humanité frelatée, trafiquée, plus très humaine en fi de compte, qui s'oppose au robot trop humanisé de Supertoys.

D'autres idées se retrouvent de loin en loin, la conquête du système solaire, parfois présentée sous un jour positif, mais parfois... j'avoue j'ai bien aimé "III" ( pas "3" mais 3fois la lettre I), l'acronyme d'une multinationale anciennement nommée " Mondesancto" qui après voir réussi à se faire détester sur terre en prenant la mainmise sur 95% des ressources en eau, mais RAF, on a gagné de l'argent, il suffit de changer de nom pour se racheter une conduite,  part explorer les lunes des géantes gazeuses pour en exploiter les ressources (et exterminer la vie qui s'y trouve, surtout si elle n'est pas comestible, pour l'empêcher de nuire au développement du profit, toujours plus de profit) Toute ressemblance, blablabla..
Parallèlement, cette humanité peu glorieuse cherche un idéal perdu, d'avant la reproduction sexuée, un idéal qui n'a probablement jamais existé. Avec un fantasme d'île isolée, où on vivrait en paix avec sa petite famille.De retour à l'harmonie avec la nature.
Mais le fait est que dans la plupart des nouvelles , hommes et femmes n'arrivent pas à communiquer, ou alors par dialogues de sourds, via des hologrammes, ou coincé dans des mondes parallèles.
On y trouve aussi des relectures de la Tempête de Shakespeare par exemple ( celle là, elle ne m'a pas plu, vu que le Héros se tape ouvertement Miranda.. 12 ans. C'est une chose qui même en littérature, ne passe pas chez moi), ou du mythe d'Orphée et Eurydice ( bien plus réussi, mis en parallèle avec la Shoah)

Mais voilà, mon impression générale reste mitigée. Beaucoup de bonnes idées, sur la place de plus en plus réduite de l'humain dans un monde qu'il a ironiquement façonné à sa guise,  mais dont je n'ai pas toujours aimé la narration, soit parce qu'elle se perd parfois dans détails sans grand intérêt, en oubliant des choses importantes, soit parce qu'elle opte pour un ton " conférence ou discours politique", qui me gonfle un peu.
Et souvent il en ressort qu'on ne sait pas trop où Aldiss veut en venir. Et j'ai l'impression que plus il avance en âge, plus cet effet s'accentue, sur les nouvelles les plus récentes.
C'est peut être très clair pour lui, mais pas toujours pour le lecteur, qui se contentera d'un "pas mal mais peut mieux faire", sur plusieurs textes.

Dommage, j'aurais vraiment voulu apprécier ce recueil, mais il en reste qu'hormis quelques textes, sur les 19, ce sont bien les Supertoys qui sont les plus intéressantes ( et je dis bien LES, les 3 nouvelles, se contenter de la 1°, serait louper quelque chose)


Mais comme je n'aime pas rester sur un échec, ou un demi-échec, je redonnerai à l'auteur sa chance avec Helliconia, qui est son oeuvre la plus connue.

En fait, je suis dans le même état d'esprit que pour les Monades Urbaines de Robert Silverberg. De bonnes idées, mais pas toujours traitées d'une manière convaincante ( même si les Monades avait l'avantage de se passer dans une unité de lieu, et donc avait une plus grand homogénéité)

dimanche 25 juin 2017

Monty Python and the Holy Grail

Avoir parlé récemment de Terry Pratchett , m'a illico fait penser à deux autres Terry célèbres.. Jones et Gilliam.
Et donc logiquement aux  Monty Python dans leur ensemble.

Bon évidemment, sortir les Monty Python pour un mois anglais, ça n'est ni original, ni surprenant, et tout le monde ici connait, enfin j'espère.

Mais bon pour les deux du fond qui ne suivent pas, on va récapituler la trame de ce film totalement silly.




C'est l'histoire du roi Arthur, qui parcourt la Bretagne, cherchant des chevaliers pour sa future cour...




Et recrute peu à peu Sir Bedevere ( le sage), Sir Galahad (le pur), sir Lancelot ( le pur,mais un peu moins pur), Sir Robin ( le pas-si-brave).. avant de se voir assigner la mission de retrouver le Graal par Dieu en personne. On sait déjà que la mission va lamentablement foirer, mais là n'est pas la question.

Sir Bedevere, l'intellectuel de la bande, vérifie par la méthode expérimentale si un oiseau migrateur peut transporter une noix de coco sur de longues distances

Le film n'est pas totalement abouti et manque d'un vrai liant entre des séquences comiques souvent hilarantes.On retrouve un peu le principe du Flying Circus, qui passait du coq à l'âne ( déjà développé en long métrage en 1971, sous le titre parfaitement adapté " And now for Something Completely Different").


Mais rien que pour la série de tableaux délirants que traverse le roi avant de recruter sa fine équipe ( un ramasseur de pestiférés qui braille " bring out your dead", un groupe de paysans anarcho-syndicalistes revendiquant leur autonomie, des péquenauds pratiquant la chasse aux sorcières, un chevalier noir irascible et increvable, les chevaliers français aux insultes fleuries) ou après ( la rencontre avec les chevaliers qui disent ni, sir Galahad le pur qui arrive par accident dans un châteaux habité par 150 jouvencelles adeptes de la fessée, le lapin de Caerbannog, la sainte Grenade d'Antioche, le débat sur les noix de coco et les hirondelles d'Europe et d'Afrique..), ce film m'éclate en dépit de sa fin en queue de poisson. La vie de Brian, quatre ans plus tard, sera mieux maîtrisée au niveau scénaristique.



Tout ça est devenu mythique, en tout cas pour moi. Et probablement pas seulement pour moi, si j'en juge au nombre de mèmes internet sur le chevalier noir, le lapin de Caerbannog et la sainte grenade à main d'Antioche.




 Et j'ai beau l'avoir vu plusieurs fois, ça marche toujours. Et puis pouvoir recaser dans la conversation les insultes typiquement françaises " vos mères sont des hamsters et vos pères puent le sureau" ou " voleurs d'ânes électroniques mordeurs de derches"


Et si vous vous êtes toujours demandé pourquoi Bohort avait peur des lapins adultes dans Kaamelott, ne cherchez pas plus loin, c'est le chevalier Bohort qui est le premier sauvagement attaqué par ce monstre ici  ( oui parce que Holy Grail est quand même l'une des références les plus évidentes, même si ça n'est pas la seule, loin de là, de la meilleure série française toutes catégories confondues. Oui j'assume ma partialité). Et donc, oui, être attaqué,même dans un autre oeuvre, par un lapin sauvage, ça peut causer un traumatisme et une phobie.

Camelot?It is a silly place!

En tout cas si vous ne l'avez pas encore vu, tentez le coup, mais en VO,STF si nécessaire, pour profiter à fond des chansons d'Eric Idle et de l'accent outrrrrrrageous de nos 5 anglais imitant les chevaliers français lanceurs de vaches (moui, un bon fromage qui pue aurait été tout aussi efficace et moins lourd)


En plus le film exactement 42 ans cette année, je dis ça comme ça ( et Douglas Adams était un bon copain de la fine équipe)



samedi 24 juin 2017

Meurtres au Paradis saisons 1 et 2 ( série TV)

Comme je n'ai pas la TV depuis plus d'un an et que je me contente de la regarder quand je suis en vacances chez quelqu'un de la famille, j'étais passée totalement à côté de cette série jusqu'à présent, et pourtant elle en est bien à sa 6° ou 7° saison...

Enfin, plus exactement, j'avais vu des bandes annonces lorsque je regardes des émissions en streaming sur mon ordinateur, mais le titre ne m'inspirait pas vraiment, et puis, au vu des tenues bien familières des policiers, je l'avais prise pour une série française.

Et on va dire que les feuilletons policiers français et moi, ça fait 12. ce n'est qu'au début de ce mois en vacances donc chez mon oncle qui aime bien en général les séries policières qu'il s'agit en fait d'une série anglaise, je cite tonton "dans l'esprit Hercule Poirot sous les tropiques". Ce qui a piqué un peu ma curiosité je l'avoue, et donc en rentrant hop, merci le streaming et la VOD, je reprends donc au début. Et ça fait donc deux semaines que je me regarde tous les soirs un épisode.

Disons le de suite, Hercule Poirot sous les tropiques, c'est exactement ça. Ca ne casse pas trois pattes à un canard (ou a un ibis rouge, vu les lieux), mais c'est parfait pour les vacances avec une petite dose d'humour anglais bienvenue. Et j'ajouterais qu'il s'agit d'une coproduction franco-anglaise tournée à la Guadeloupe, et que ça donne des envies de prendre un billet pour le prochain vol en direction des Caraïbes!

Donc, premiers épisode (le reste peut se regarder un peu dans n'importe quel ordre, les épisodes sont assez indépendant, si ce n'est l'évolution du point de vue du personnage principal):
Richard Poole est anglais, Londonien même, et policier.Rigide comme la justice et manque cruellement de fantaisie, mais pas de sarcasme, il en a un plein stock.
Il est envoyé dans la petite île fictive de Sainte-Marie, un coin de paradis des caraïbes, qui est passée sous domination anglaise et française à plusieurs reprises, et dont la population est quasiment  pour un tiers d'origine française. Richard vient donc pour ce qu'il croît être une simple enquête, élucider la mort mystérieuse de l'inspecteur anglais qui travaillait là, et pense-t-il avec un orgueil de citadin qui n'a jamais quitté sa ville, aider les bouseux incapables et faignants du coin en leur apportant son aide providentielle avant de repartir vers sa chère pluie anglaise et son pub de prédilection.

Richard est odieux et compassé, à la limite de l'insupportable, et les relations avec les policiers locaux s'annonce plus que houleuses.. surtout lors qu'il découvre qu'il ne rentrera pas à Londres après son enquête, mais va devoir rester sur place et reprendre le poste de feu son prédécesseur.
Ce qui pour beaucoup de monde serait une aubaine inespérée est un cauchemar pour lui: il déteste la chaleur, le sable, les bestioles et les français. Il aime râler, se plaindre, maugréer, porte costume et cravate même par 35°C à l'ombre tout en maudissant la chaleur, prendre des douches froides,  et boire du thé à 5h00 tapantes.
Il est nul, absolument nul en matière de relations humaines et gaffe souvent, ne sachant pas faire passer ses opinions de manière diplomate et autrement qu'en les imposant à tout le monde ( ce qui lui a valu ce placard antillais, loin de collègues qui ont fêté son départ sans lui, trop contents de se débarrasser de ce "nitpicker" de première catégorie)

cherchez l'erreur...

Manque de chance pour lui, son capitaine Hastings est Camille, une sergente française native de l'Île, au caractère bien trempé, qui n'apprécie absolument pas de devoir se plier à l'autorité d'un nouveau venu qui regarde ses compatriotes insulaires comme des arriérés incompétents, même s'il est vrai que le petit commissariat possède des ordinateurs du siècle dernier, et que le moyen le plus rapide pour les deux agents du coin pour appréhender les criminels reste la moto avec side-car.
Au contraire, ils sont très compétents pour se débrouiller avec les moyens du bord.

avouez qu'avec la tenue bleue des flics, vue de loin, ça ressemblait beaucoup à une série française. Ce n'est le cas qu'à 50% ( subtil détail, ils ont un écusson rouge-blanc-bleu)

Toute ressemblance avec l'île de Sainte-Lucie est bien évidemment parfaitement voulue ( à commencer par l'histoire d'occupation franco-anglaise), et, une fois mis de côté le fait que, quand même, en y réfléchissant, un ou deux morts par épisode finissent par donner l'impression que ce coin des Antilles a un taux de criminalité digne d'une capitale, ça se laisse regarder avec plaisir.
Plus que les enquêtes assez classiques ( avec malgré tout des clins d'oeil très sympa à Agatha Christie ou à Alfred Hitchcock - 6° épisode de la saison , la référence est méga évidente, et fait très plaisir!), c'est surtout le comique qui joue sur le décalage de cet anglais, citadin jusqu'au bout des ongles, maniaque et psychorigide (pas autant que Monk, mais.. pas loin par moment), cramponné à son tea time ... et des autres qui vivent à la cool en tee-shirt et tongs, en buvant des cocktails frais, qui est très sympa.

Le fil directeur de la série est donc plutôt l'acclimatation progressive de Richard à cet environnement , va-t-il finir par se dérider un peu au contact de la population locale? Va-t-il cesser de perdre ses moyens à la vue de la moindre jolie fille en maillot de bain (et vu qu'on est sur une île, il y a des plages et des clubs de vacances tout autour)? Va-t-il enfin cesser de prendre les gens du coin pour des péquenauds?

Donc, sans grande surprise, mais agréable. J'aime bien le fait que le personnage féminin ne soit pas une potiche, mais une femme de caractère qui en remontre régulièrement au héros, et j'aime beaucoup Dwayne et Fidel, les deux policiers locaux imperturbables, et le commandant de police, plus soucieux de l'image de marque de son île que de justice.
Après je ne sais pas ce que ça donnera sur la longueur, l'humour tournant beaucoup sur les clichés "citadin coincé vs Îliens décomplexés", ça va donc finir assez vite par tourner en rond ( bon, ça va encore 8 épisodes d'une heure par saison, on n'est pas dans une série américaine de 24X 30minutes).
Spoiler: je sais que l'acteur principal ayant cessé sa participation pour raisons personnelles la saison 3 commence avec une nouvelle équipe. C'est pour ça que j'ai groupé les saisons 1 et 2. Ce qui peut en effet permettre avec de nouveaux personnages de partir sur un autre type de relations entre eux
A voir donc comme ce qu'elle est: une série humoristico-policière100% détente, donc plus pour les fans d'Hercule Poirot ou de Jane Marple que pour les accros à l'action pure, en fait, pile ce que j'aime.

Et puis Richard se retrouve à devoir cohabiter avec un mini-crocodile qui semble plus ou moins se payer muettement sa fiole (allez j'avoue tout.. un lézard numérique, tout au moins partiellement. Hé oui, difficile de dresser un vrai lézard à faire ce qu'on veut, donc il y a peut-être un vrai lézard pour les gros plans, mais sa doublure pour les "cascades" est animée par ordinateur. Pas mal fait d'ailleurs, on le devine surtout aux pattes lorsqu'il se déplace, un peu trop longues pour un vrai anolis, et à son mouvement trop régulier, trop "parfait")


Et la bande son axée Reggae et musique afro antillaise est carrément sympa ( I shot the sheriff, The Tide is high, Gimme hope Jo'anna... des choses comme ça,qui mettent de bonne humeur!)

A noter aussi, après quelques recherches, contrairement à la majorité des séries policières qui adaptent une série de romans, c'est ici le cas inverse. Le scénariste a d'abord conçu sa série pour le média audiovisuel avant - on n'est jamais si bien servi que par soi-même - de la décliner sous forme de romans.


vendredi 23 juin 2017

Le grand livre des gnomes, tome 3 - Terry Pratchett

Tome 3.. et fin de l'aventure de Masklinn et ses amis.

il sera question également de vol à dos d'oie... Comme Nils Holgersson quand il est réduit à la taille d'un gnome, oui :D

Donc si vous n'avez pas lu les deux premiers ( pas évident à trouver.. il ne fait pas partir du Disque-Monde ou de ses hors séries, et par conséquent est beaucoup moins connu), j'avais évité de spoiler trop mais là je suis obligée d'en dire un peu plus.

Donc depuis 2 tomes nous suivons des gnomes " sauvages" dans leur découverte de la "civilisation" et chaque tome est une version miniature de l'évolution.
Dans le tome 1 , les gnomes des champs se réfugiaient dans un grand magasin et y découvraient, eux qui se croyaient les seuls gnomes vivants sur terre,une société organisée, clanique, de type médiéval, pour qui l'univers se résumait au grand magasin, les légendes sur le dehors étant au mieux des contes de grand-mère, au pire une dangereuse pensée pas loin de l'hérésie. Avec des idées pareilles on en viendrait bientôt à douter de la réalité d"'Arnold frères", le dieu tout puissant dont le nom est écrit partout dans le grand magasin.
Expulsés dans la nature lors de la destruction du grand magasin, il faut bien se rendre à l'évidence: il y a un Dehors. et le "Truc" qui accompagne Masklinn depuis le début et se réveille lorsqu'on l'approche de l'électricité n'a peut-être pas tort lorsqu'il prétend que les gnomes viennent d'ailleurs. Vraiment d'ailleurs. D'une autre planète.

Le second tome était une transition: les gnomes réfugiés dans une carrière abandonnée doivent faire face à la réouverture de la carrière et découvrir que les humains qu'ils ont toujours pris pour des animaux stupides sont des créatures pensantes. Simplement , ne vivant pas à la même échelle de taille et de vitesse que les gnomes, ils ne les voient pas. Les gnomes sont trop rapides et ont une voix trop aiguë pour être détectés par des humains qui de toute façons n'y croyant pas , verront autre chose, des rongeurs par exemple ( tiens tiens, comme la Mort du disque-monde: le cerveau humain n'est pas prêt à croire à la réalité d'un squelette de 2m10 de haut qui bouge seul, donc il l'occulte et corrige l'anomalie en le replaçant par un type très maigre).

Et donc la résistance dans la carrière se faisait sans Masklinn, Angalo et Gurder, partis au début du tome 2 à la recherche de "Richard Petit-Fils": ils ont lu dans une coupure de journal que Le Grand Magasin a été détruit à la demande de Richard, petit-fils du fondateur, quadragénaire.
Mais comme leur compétence en lecture est limitée, il vont donc se borner à chercher Richard PetitFils quadragénaire, un sympathique barbu un partance pour Cap Canaveral, pour y lancer la nouvelle branche télécommunication de sa société en même temps qu'un satellite.

Hmmmm , Richard quadragénaire est donc un barbu sympathique, multimillionnaire, dirigeant une multinationale qui ouvre une branche communication. Grandson Richard? Je ne crois pas que toute ressemblance avec un authentique entrepreneur britannique au nom très proche soit le fruit du hasard.

La logique gnome étant: si on arrive ( et il n'y a pas de raison qu'on ne puisse pas, on a bien réussi à conduire un camion, et puis si on demande gentiment à Richard, il n'y a pas de raison qu'il refuse), à prendre possession du satellite, on pourra rejoindre notre vaisseau en vol stationnaire quelque part depuis des millénaires et après ça, notre.

Cette quête sera l'objet du tome 3, qui se passe en fait en même temps mais dans un autre lieu que le tome 2, et qui va amener nos gnomes britanniques en pleine modernité, à découvrir que la terre est immense.
Vraiment immense. Et qu'il y a aussi des gnomes en Floride. Et que le plus dur ne va pas être d'y parvenir,mais surtout d'arriver à convaincre les gnomes, en majorité un peu obtus, peu ouverts à la nouveauté et peu courageux de quitter le confort relatif d'une carrière pour partir à l'aventure. Leur faire traverser la route est une expédition alors aller en Floride pour espérer partir encore plus loin on ne sait où, très peu pour la majorité des gnomes. Même si le Truc leur a dit que c'est la solution pour rentrer chez eux. Oui mais c'est où " chez soi"? qu'est-ce qui définit " chez soi"?

Et c'est exactement pour ça que j'adore Terry Pratchett. Au travers de l'humour et de la dérision, il arrive comme, hop, mine de rien, à glisser des réflexions profondes, ici l'identité, le goût de la découverte, le besoin vital de nouveauté , la condition féminine et l'égalité des sexes, le fait que de l'autre côté de la "mare" il y a des gens qui vous ressemblent beaucoup et, même s'ils ne parlent pas la même langue, ils sont comme vous, il y a des bornés et des intelligents.
Mais tant qu'on reste dans son coin, on ne peut pas le savoir. A l'instar de la petite grenouille amazonienne perchée toute sa vie dans un arbre et qui ne saura jamais s'il y a de la vie dans les autres arbres tant qu'elle ne fera pas la démarche d'aller y voir de plus près.

C'est une trilogie jeunesse, à la base , je l'avoue, je ne suis pas calée dans ce domaine, mais je pense que j'aurais adoré cette lecture si j'avais eu 12 ans, tout pareil qu'à 40. A mettre donc entre toutes les mains des jeunes lecteurs pour leur faire découvrir Pratchett, il est plus abordable au novice que le Disque-Monde et plus généralement entre toutes les mains de fans de fantasy et d'humour.
Et encore plus généralement entre les mains de tous ceux à qui Terry Pratchett manque terriblement.

J'avais parlé précédemment d'une adaptation en animation de marionnettes (en 1992). Seul le Tome 1 a été adapté, manque de succès ou autre. Je n'ai pas pu le voir, mais les quelques photos que j'ai trouvées ne me convainquent pas vraiment. Les marionnettes ont l'air un peu trop inexpressives et rigides- pas autant que les Sentinelles de l'Air, je vous l'accorde!
Par contre, si, je donne un exemple, hein...si les studios Aardman avaient la bonne idée d'adapter Pratchett. Les gnomes ou Le fabuleux Maurice par exemple? Mais j'imagine qu'animer une foule de gnomes ou des centaines de rats en pâte à modeler, ça doit demander un temps infini.



jeudi 22 juin 2017

Mini voyage à Londres - janvier 2017

Bon normalement, la journée dédiée à Londres c'était le15 juin, mais avec mon incapacité actuelle à publier dans les temps, je marque le coup de l'été avec un voyage en hiver...

Ca faisait longtemps qu'on en parlait avec une copine, sans arriver à caler de dates, mais  enfin, nous avons pu le faire en janvier dernier, 3 jours ( ou plutôt 2 jours et demi, le temps d'arriver et de poser les affaires à l'hôtel) de visites très très intensifs. Hop, un troisième larron se joint à nous, et nous voilà partis.

L'avantage en partant en janvier, c'est que les hôtels cassent les prix, ce qui nous a permis d'avoir 3 nuits en 4 étoiles avec piscine chauffée ( très important quand on marche beaucoup) pour 15 € de plus par personne que si nous avions opté pour une auberge de jeunesse. Evidemment, ça n'est plus du tout la même chose en haute saison!

L'inconvénient en janvier, c'est évidemment le temps gris et humide, et la nuit qui tombe tôt, donc au final, peu de plein air, et beaucoup d'expos et de musées. Et peu de photos. C'est dommage de ne pas avoir pu aller pique niquer à Hyde Park, mais de mon côté je prévois déjà un autre séjour.

Et parce qu'il me faut absolument une intro musicale...


Jour 1 : départ de Marseille à 12h30, Arrivée à Londres à 13h30 ( merci le décalage horaire dans le bon sens!). Donc, pour moi, lever à l'aube pour rejoindre Marseille. A quoi il faut encore ajouter la demie heure de navette pour Londres, le métro, et le temps perdu à chercher l'hôtel récupérer les clefs, poser les affaires et repartir.
Donc la première journée a été un peu limitée à Trafalgar Square, et.. ho chance, la National Gallery ferme à 18h00, c'était 16h30, on peut déjà commencer par en voir un bout, avant d'aller faire un tour à Covent Garden et de trouver un coin où manger. Puis retour à l'hôtel et pataugeage nécessaire dans la piscine, j'avoue que je commençais à avoir mal à la tête à cause de la longue journée surtout passée dans les transports. Mais avoir déjà vu toute la partie Moyen âge et prérenaissance du musée de peinture et fait un tour en ville, c'était déjà pas mal.
 Un regret cependant: l'extraordinaire tableau "les ambassadeurs" de Hans Holbein le jeune est bien mal accroché, trop haut, alors qu'il est presque ne permettant pas de se positionner à l'angle idéal pour apprécier l'anamorphose. Et non ce n'est pas moi qui suis trop petite le tableau est immense et il faudrait être presque au niveau du coin supérieur droit.
Mais il aurait été judicieux de le placer dans un escalier par exemple, où le fait de pouvoir monter aurait permis de voir ce qui est la particularité de ce tableau..

la grande tâche oblongue sur le tapis a intrigué très longtemps les gens qui le regardaient, et avait été surnommée " os de seiche"
Sauf que vu de biais et d'assez haut...on trouve ce qui manquait sur ce tableau pour en faire une vanité et moquer la puissance et la richesse des Ambassadeurs.. Memento Mori!

Par contre comme j'aime l'art allemand et flamand de cette époque, je peux le conseiller: ce musée possède une collection fabuleuse à ce niveau: Holbein, Rubens, Van Dyck, etc..et bien sûr de la peinture anglaise, Turner et Gainsborough en tête.
Et croyez moi, en s'étant levée à 6h00 du matin, j'ai fini sur les rotules.


Jour 2: on nous annonce un temps pas génial, donc direction les musées à nouveau.
L'idée c'était d'aller Voir le Victoria & Albert Museum, le musée d'histoire naturelle et d'aller faire un saut au grand magasin Harrods qui est tout près.
Sauf que nous sommes trop bêtes - ou trop pressés!- pour avoir vérifié les heures d'ouverture et nous voilà arrivés à 9h00.. avec une heure d'attente car musée et magasin n'ouvrent qu'à 10h00. Bon, un café-petit dej' dans une cafétéria et on commence par le V&A.

Autant j'avais une idée assez précise de ce qu'était la National Gallery, autant le V&A a été une surprise, une bonne surprise. Lors de mon premier voyage, je l'avais zappé, lui préférant le British Museum, parce qu'"arts décoratifs", et vu son nom, je m'attendais à quelque chose de plus axé porcelaines et tissus, ou à la gloire de l'ère victorienne, qui fascine pas mal de gens mais me laisse de marbre.
Mais non, il y a des sculptures de l'art indien, des tapis persans et turcs, des expos temporaires qui m'auraient bien tentée ( You say you want a revolution? ou Medieval embroidery) mais le timing de touriste japonais qui était le nôtre ne nous le permettait pas. Mais gniii le musée annonce une exposition sur Pink Floyd de mai à octobre!).

Après midi, direction le musée d'histoire naturelle, bien sympa avec ses squelettes de dinosaure, son T-Rex animatronique et sa section sur la biologie humaine. Nous avons soigneusement évité la zone "insectes et autres bébêtes rampantes " eu égard à la phobie pour tout ces animaux de l'un d'entre nous - et ce n'est pas moi!

Et après: un tour chez Harrods histoire de voir un peu ce magasin très très cossu où un portier en tenue surannée vous ouvre la porte en s'inclinant, où une autre personne est payée pour actionner à votre place les boutons de l'ascenseur... le tout au milieu de boutique de luxe, voire d'ultra luxe vendant pour certaines de la high tech dernier cri. Pas mon milieu naturel habituel,je me suis quand même sentie vraiment péquenaude avec mes vieilles fringues fonctionnelles.
Un détour au rayon thés, et me voilà repartie lestée d'une boîte de thé et de trois boîtes de chocolat en poudre - mais il y'avait une offre " 3 pour le prix de 2", je n'allais pas rater ça,je connais des gens qui aiment le chocolat chaud. ce n'est pas trop mon cas, mais j'en offre 2, et je garde la 3° pour tenter le coup, et en avoir à proposer lorsque des amis passeront me voir.

Comme il nous restait du temps libre, David a insisté pour aller voir le "musée" Sherlock Holmes de Baker Street, reconstitution d'une demeure de l'époque Victorienne avec objets anciens et statues de cire qui font référence aux enquêtes de Sherlock Holmes. En soit pourquoi pas, l'idée d'avoir fait un lieu hommage au personnage de Sir Arthur Conan Doyle à l'endroit exact mentionné dans les livres est plutôt sympa, mais c'est très cher (15 livres! ) pour ce que c'est: une maison ancienne très étroite aux pièces minuscules flanquée d'une boutique à goodies. J'aime bien les enquêtes de Sherlock en livres ou dans la version Jeremy Brett - car non, rien à faire, la version contemporaine, je n'y arrive pas, je vais me faire siffler, mais non, ça ne passe pas!

Mais je ne suis pas assez fan pour apprécier de débourser le prix d'un repas pour ça. Si j'avais su, je leur proposais de se retrouver quelque part pour le dîner, et je repartais voir l'expo sur la broderie ou sur la musique. En même temps, je savais qu'il s'agissait d'un attrape-touriste, donc en un sens je n'ai pas été déçue, mais à 2 voix contre 1, j'ai dû plier.
C'est vraiment le seul point noir de ce voyage, l'endroit que je déconseille, à part d'être vraiment un fan absolu, il y a mieux à voir et à faire.
Et donc après cette déception, d'un commun accord, il serait bon d'aller voir Big ben et faire une tour sur les bords de la Tamise à la nuit tombée quand même.
Hum les pieds commencent vraiment à souffrir et ce malgré les chaussures de marche, mon habitude de marcher, et le recours autant que possible aux transports en commun. C'est là que je félicite ma copine pour son choix de l'hôtel avec piscine..

Jour 3: cette fois on vérifie les heures.. tout ouvre à 10h00, donc on prend le temps de partir un peu plus tard et de faire un stop café avant d'aller au British museum. Cette fois, opération stratégiques: mes amis n'y sont jamais venus, j'y avais passé 3 heures lors de mon voyage 10 ans plus tôt, principalement dans les sections Angleterre romaine et médiévale, trésor de Sutton Hoo, égypte prédynastique et un rapide passage dans la section Egypte des pharaons.
Donc on se sépare, on se retrouve dans 2 heures devant la voiture peinte dans l'entrée.
Et cette fois, passage dans la bibliothèque et visite des sculptures et de l'orfèvrerie renaissance, puis je repars dans l'autre sens pour voir la statue de l'île de Pâques avant de monter finir la zone Egypte Pharaonique. Un rapide passage à nouveau au trésor de Sutton Hoo ( décidément une merveille), et je termine par la sculpture Egyptienne et perse et les frises du Parthénon. Et c'est déjà l'heure!

pour mes camarades de challenges littéraires

Je remercie ici messieurs Otis, Roux et Combaluzier pour leur génie, sans qui j'aurais énormément perdu de temps dans les escaliers.
Pause repas - je n'ai pas parlé des autres dans des pizzerias ou chaînes de restauration rapide sans grand intérêt - pour signaler l'excellent burger avec une énorme salade pour un prix raisonnable ( enfin, raisonnable pour Londres) mangé juste à côté du métro Holborn, ici.  Apparemment, Byron est une chaîne mais qui a su nous mettre d'accord mes copains carnivores et moi qui ne mange pas de boeuf. C'est bien agréable de pouvoir avoir un burger au poulet rôti et non pas frit, et sans mayonnaise. Donc même si c'est une chaîne, c'est à mi chemin entre le fast-food et le restaurant classique, je recommande. Et ensuite que faire de notre après midi.  Retourner au Bristish? hmm non, trop de classes très bruyantes et de groupes de 50 touristes agglutinés.

Et si on finissait la National Gallery il nous en manque plus de la moitié et c'était plus calme.
Ok, c'est parti. Manque de chance, je suis fan du Caravage et sur les 3 tableaux qu'elle compte, 2 ont été prêtés à une exposition à l'autre bout de la Terre. Hop, j'évite la masse de touristes collés devant les impressionnistes et je tombe en arrêt sur le "Lac Kaitele" du peintre finlandais Akseli Gallen Kallela. Un petit cadre que personne ou presque ne remarque parce qu'il est dans une salle où il y a aussi Manet, Monet, Pissaro, Corot, Seurat...
Il ne donne pas grand chose vu de près, c'est vrai, mais à bonne distance, je trouve l'effet de reflet sur l'eau absolument remarquable, presque métallique, et pourtant ce n'est qu'un mélange de blanc et de tonalités de gris - bleuté.
Et ça marche aussi sur l'ordi, tentez le coup et éloignez vous de votre écran




Puisqu'il fait encore jour, retour à Covent Garden, où, cette fois, les boutiques sont encore ouvertes, dégustation de thé et de chocolat chaud et achat d'une poudre de chocolat blanc parfumée à la framboise. A consommer avec modération, parce que je vais être malheureuse quand il n'y en aura plus. Apparemment c'est une édition spéciale saint Valentin, on a eu la chance de passer quelques semaines avant.
Je disais que je n'aime pas le chocolat chaud, en fait, je n'aime pas le lait chaud. Mais même avec du lait chaud, dans la boutique, c'était plutôt bon. Mon idée est donc de le tenter au lait d'amande chaud, et verdict au retour, c'était la bonne solution: c'est excellent comme ça.

Et s'il n'y en a que 3, c'est seulement à cause de la limitation à 1 sac cabine dans l'avion.

Vu que nous devons repartir tôt le lendemain et qu'il n'est que 18H00, nous décidons de manger ce soir au restaurant de l'hôtel. Isa, crevée, choisit de rentrer, David et moi préférons faire un tour dans Soho, malgré nos pieds en compote, avant de revenir. Bien nous en a pris, quelques jours après le jour de l'an chinois, le quartier asiatique était encore décoré.



Une dernière piscine avant de se lever à 5h00 pour partir prendre le bus, le métro, la navette, l'avion, la voiture, re le métro à Marseille et re-le train. Ce qui me fait quand même arriver chez moi à 15h15.
La prochaine fois je prends l'Eurostar, il passe parfois par ma ville, et 5 fois par semaine en été, en me débrouillant, bien,  même si c'est plus long et plus cher, ne serait-ce que pour éviter les longues attentes à l'aéroport, les changements de mode de transport fatigants et avoir le droit à une valise normale et pas un sac cabine riquiqui ( pas merci Easyjet).

Lors de mon premier voyage, il y a presque 10 ans, avec d'autres membres de mon cours d'anglais, c'était aussi 2 jours et demi, mais en WE. Je n'avais pas fait grand chose le vendredi hormis un tour de bateau sur la Tamise et voir Tower Bridge de nuit, tant j'étais épuisée ( et grosse frustration d'ailleurs car il y avait un concert de The Animals dans un club de la ville. Et oui, ce groupe existe et tourne encore, sous le nom Eric Burdon and The Animals. Mais j'étais un peu malade et trop fatiguée pour y aller. Such a shame!

Le samedi, je crois me souvenir que nous étions allés en groupe voir la Tate Gallery, et de mon côté il m'était arrivé un truc marrant. J'avais repéré un concert de blues gratuit dans un pub, et donc décidé d'aller l'écouter, je pensais tomber sur un petit pub avec assez peu de monde, mais surprise, il était plein à craquer, mais vraiment à craquer. Et plein de gens qui m'ont abordée pour savoir qui m'avait invitée, avec qui j'étais venue, de qui j'étais la copine.. Gneuh? c'est quoi ce truc? Ha non , je suis juste venue écouter le concert...

Le hasard a fait que je suis tombée sur une soirée " Singles in London", groupe défunt sur Facebook... un site internet encore assez récent que je ne connaissais absolument pas, que j'ai donc découvert dans la foulée ( Il y a bien encore une page de ce nom, mais elle n'a rien à voir)
Oui, je prévois depuis chez moi d'aller écouter un concert, sans savoir que les célibataires de Londres ont choisi justement ce jour là pour essayer de venir trouver l'âme soeur dans ce même pub. Ceci dit la soirée a été un excellent test: si j'ai réussi à discuter avec des gens dans un endroit remuant et bruyant, ça veut dire que mon niveau d'anglais est assez bon! Et ça avait été plutôt rigolo, j'ai pas mal bavardé avec une étudiante algérienne trop contente de pouvoir un peu parler français, un étudiant italien, et un anglais à chapeau nommé Tristan, venu de je ne sais plus quel coin. Pas vraiment de vrais londoniens donc, mais c'était bien sympa.

Et le dimanche, j'avais choisi de ne pas aller voir la relève de la garde à Buckingham, sous la pluie, mais de faire un tour à Camden Town, au marché Hippie/Punk/Goth. Autant dire que c'est fait pour moi, ça, et que j'ai adoré.
En plus une partie étant couverte, j'ai pu en profiter, halluciner, si j'ose dire, devant les stands vendant à la sauvette des champignons mexicains... oui, c'est passible de prison depuis 2005, mais en 2007, on en trouvait encore au vu et au su de tout le monde. Je ne sais pas si c'est encore le cas en 2017 ou si la législation s'est durcie.
Après quoi, j'avais fait un tour dans Regent's park profitant d'une éclaircie pour aller manger sur un banc en regardant les écureuils, et terminer par le British Museum au moment où la pluie est revenue.

Donc ce qui est bien, c'est que mes 2 voyages se sont bien complétés, j'ai pu voir des choses différentes. Mais maintenant, j'aimerais bien retourner à Camden un jour non pluvieux pour profiter du tout proche cimetière de Highgate, pousser jusqu'au château de Windsor ( car oui, je trouve les périodes médiévale Renaissance plus intéressantes que l'époque de Victoria). Et, encore une chose qui est impossible en 3 jours et sous la pluie, profiter de la campagne, ou faire ma touriste à Stonehenge.

Bon l'idée est là, il ne reste plus qu'à trouver un créneau de temps libre, mais ça ne sera pas pour cette année les vacances sont prévues... loin , même si je reste dans le Commonwealth .

mercredi 21 juin 2017

Gustav Holst (1874-1934)

21 juin, et il était temps que je publie un peu pour le mois anglais! Fête de la musique oblige, on va donc parler de musique.

Souvenez vous, il y a deux ans , je vous ai fait découvrir, j'en suis sûre, William Hurlstone, un compositeur anglais quasiment oublié.

On va rester à la même époque et parler un peu de son contemporain , plus connu et qui, si son nom ne vous parle pas spécialement, a eu une influence énorme sur la musique au XX°siècle, et particulièrement, la musique de films. Chose étonnante, Holst et Hurlstone en plus d'être tout à fait contemporains , avaient le même problème de santé, et, bien qu'asthmatiques, jouaient d'un instrument à vent. apparemment on pensait à l'époque que cette pratique améliorait l'asthme.

Et visiblement, Gustav Holst aimait les voyages, puisqu'il nous propose une symphonie " The Cotswolds" , La Rhapsodie du Somerset, Sept airs écossais.. et sans se cantonner à la Grande Gretagne, puisqu'on trouve aussi dans ses oeuvres Indra ( un poème symphonique sur le dieu indien), Beni mora ( alias " suite orientale) et  une "suite japonaise".
En musique comme en réalité d'ailleurs puisque il a beaucoup voyagé et randonné, en Allemagne, en France, en Grèce, en Algérie...

Allez, partons en voyage avec Gustav!

Sept airs écossais

Somerset Rhapsody

Beni Mora




Suite Japonaise ( qui commence par un solo de basson, yahou!!)




Un grand nombre de morceaux, donc,cependant éclipsés par son oeuvre la plus célèbre et la plus jouée encore à l'heure actuelle " les planètes". Ou chaque section représente une planète et une ambiance. Mars représente bien sût la guerre, Vénus, la paix,  Saturne la Vieillesse, Jupiter ..la joie ( oui, ça n'est pas exactement ce à quoi on pense en premier. Mais il y a une logique, en anglais comme en français le mot jovial évoque à la fois la joie et la plante Jupiter, dont on pensait qu'elle influençait positivement l'humeur)


Pour en revenir à la musique de film, écoutez en particulier le premier Mouvement " Mars" et sa rythmique très .. ben.. martiale.
Ca vous rappelle quelque chose?



C'est normal.
Voici quelqu'un qui explique bien mieux que moi (et en anglais), l'influence des Planètes de Holst sur la BO de John Williams pour Star wars


Ce n'est pas la seule influence de Williams bien sûr, mais le rapport entre Mars et Star Wars est flagrant,à tel point qu'on doit pouvoir parler d'un hommage sans se tromper beaucoup.

Au delà de ça, une chose me parait intéressante: les mouvements ne sont pas classés dans l'ordre physique des planètes ( qui aurait été normalement, Mercure, Vénus, Mars, etc..)
Mais dans l'ordre: Mars, Vénus, Mercure, Jupiter...
Et Vénus ne représente pas l'amour, mais la paix.

Soit en considérant ce qu'elles représentent: la guerre, la paix, le messager, la joie... En sachant que la suite a été composée entre 1914 et 1917 ( et que Holst aurait voulu s'engager à l'époque mais a été réformé pour cause de santé) le message est assez clair

D'un point de vue personnel j'aime bien le mouvement "Uranus- le magicien" ( qui cite plus ou moins l'apprenti sorcier de Paul Dukas. Comme quoi, Dukas influence Holst qui influence Williams.. et en remontant encore, on doit pouvoir trouver qui a influencé Dukas, et qui à influencé celui qui a influencé Dukas, et tracer un arbre généalogique d'influence. Cette idée m'éclate totalement)



Bienvenue amis curieux!

Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouvait un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture