jeudi 4 mai 2017

Pourquoi la Guyane?

hé oui, pourquoi?

LA raison principale est à peu près celle qui attire le plus de visiteurs dans ce coin là : aller voir quelqu'un qui y habite ou qui y travaille pour un temps. L'autre étant: aller y travailler, en général chez Arianespace.

Et c'est à peu près tout, au grand désarroi de l'office de Tourisme local, qui peine à faire venir du monde pour d'autres raisons. Avec la Martinique et la Guadeloupe, leurs plages de sable fin et leur mer bleue, c'est sur que la Guyane a des voisins qui drainent la majeure partie des touristes de métropole. Et font plus rêver (ou crever de jalousie, au choix) les gens à qui vous raconterez vos vacances.

Or je suis venue, j'ai vu, et j'ai beaucoup aimé.
Bon j'avoue, ça fait aussi des années que je comptais y aller quand l'occasion se présenterai pour une raison qui tient en quelques mots : " base de Kourou", et si possible pour voir un lancement de fusée.

Pas de chance pour moi - mais c'est mon karma moisi qui veut ça -  un lanceur Ariane 5 a décollé la veille de mon arrivée, et un lanceur Vega le lendemain de mon départ. Mais mes dates étaient calées , réservées, bloquées depuis des mois quand je l'ai su, et avec ma déveine clinique, il n'y a eu ni grève, ni vent qui auraient pu faire reporter Ariane.

Après pour le reste, comme je suis surtout allée voir une copine, mon programme était assez libre, avec quelques " clous" touristiques précis: une semaine à Cayenne, une autre divisée entre Kourou et Saint-Laurent du Maroni, retour à Cayenne pour reprendre l'avion, et un guide touristique en poche pour se donner des idées une fois sur place.
Bon évidemment, il y avait les incontournables: îles du Salut, bagne de la transportation ( histoire de se souvenir que la France , si prompte à se glorifier d'être la patrie des droits de l'Homme, a quand même beaucoup de choses à se reprocher. Si vous voulez, la Russie a eu la Sibérie, la France a eu la Guyane. Le même principe, en beaucoup plus chaud et humide) , Base de Kourou, Marché de Cacao, promenade en pirogue sur le Maroni..

Donc nous voilà partie en septembre dernier, ma mère et moi ( on aime bien voyager ensemble, on s'entend bien et on n'a pas vraiment eu l'occasion de le faire les 35 premières années de ma vie. Donc maintenant, et depuis 2010 c'est en gros , un voyage ensemble par an, si possible bien loin!), après avoir choisi la saison sèche, bien évidemment, pas question de se faire pourrir les vacances par des trombes d'eau et de ne pas pouvoir aller se promener en forêt à cause des chemins détrempés.

Les avantages: il pleut peu, une averse en deux semaines, et peu de moustiques. sans exagérer, j'ai été autant piquée, moi qui les attire à des kilomètres même à travers une épaisse couche d'anti moustique, sur moi ET sur les vêtements, en deux semaines sous l'équateur ou presque, que la semaine de mon retour à Avignon... en octobre.

Les inconvénients: il fait chaud, ça on le sait . Mais si je supporte mal le chaud ici chez moi parce que je n'ai pas d'autre choix que de le subir, en vacances, c'est différent: pas de nécessité d'être efficace au travail par 35°C à l'ombre, je peux flemmarder un moment sans remord si vraiment c'est trop dur. Et puis, on venait de se payer un été caniculaire depuis juin, nuit et jour sans le moindre répit, donc en réservant une chambre climatisée chez l'habitant, au final, ça a été largement plus supportable que chez moi avec mon malheureux ventilateur.
Non le vrai problème pour moi c'est la luminosité aveuglante dès le matin . Hé oui, on est presque sous l'équateur, et le soleil est quasiment vertical du matin au soir - qui tombe tôt, il faut le savoir. La région n'a pas de décalage par rapport à l'heure solaire ( heure d'hiver , heure d'été hahaha, c'te blague) pour une raison simple: lancement de fusées. Pas question de risquer de s'emmêler les pinceaux et de foirer un lancer à ouat'millions d'euros et de devoir rembourser le client parce qu'on aura mal réglé les horloges en mars ou en octobre. Et être calés sur l'heure solaire est plus simple pour suivre la fusée avec des balises mondiales toutes calibrées pareil.
Mais j'y reviendrai quand je parlerai de la base.
Revenons en à notre soleil cru et vertical. Ca pique. Ca pique beaucoup. Même avec des lunettes solaires "noir profond", spécial montagne, filtre UV maximal.


Et qui dit mal aux yeux, dit "mal de tête", et j'ai bien dérouillé sur ce point là les premiers jours.

Après il y a eu 2 moments difficiles:un mois avant le départ, avec le vaccin obligatoire contre la fièvre jaune, qui m'a valu une semaine d'arrêt maladie tellement je l'ai mal supporté ( en même temps, je me dis que si le vaccin m'a ratatinée, qu'est-ce que ça aurait été si j'avais réellement chopé la fièvre). Mais bon, quand on vous donne le jour du vaccin, une liste des effets secondaires avec " cas rares, 1 sur 1000".. mmm on n'a pas la même définition de rare. Le truc " fun": j'ai eu tous les jour un nouvel effet secondaire , différent de la veille.J'ai réussi à aller jusqu'au " cas très rare 1 sur 10 000", encre ma sempiternelle veine: j'ai un système immunitaire très très très compétitif. Trop. Et j'ai toute une panoplie d'allergies très relou à cause de ça.
Bon heureusement je me suis arrêtée là (puisque je suis encore de ce monde pour le dire), mais j'ai dérouillé sévèrement quand même.

Et l'autre, ça a été le retour, et l'angine carabinée, chopée dans l'avion  grâce à la climatisation polaire - ou qui paraît polaire quand on a passé beaucoup de temps à 35°C - et le retour en métropole ou 2 semaines ont suffit à passer d'une température proche à quelque chose comme 12°C avec un vent à faire voler les pierres. Et c'est pour qui la nouvelle semaine d'arrêt maladie, c'est pour bibi!

Oui je sais, je vous vends du rêve là. Mais d'une le vaccin dure bien 10 ans ( et dans mon cas, il y a des chances que l'effet dure plus, et de toutes façon, même le rappel du tétanos me fout à plat), on est tranquille pour longtemps quand on y survit ( gniark gniark). Et puis une angine, bon.. dans le fond, c'est comme qui dirait une manière de revenir à la réalité quand même moins violente que le travail. si j'assume ce que je dis, vu le travail que j'avais encore à l'époque, c'était presque une semaine de vacances en plus. En tout cas, rien pour me convaincre de rester chez moi à l'avenir.

Non n'allez pas en Guyane, c'est moche..
l'architecture est banale
la nourriture peu variée et très fade

La faune est sans intérêt

et plus généralement, il n'y a rien de bien passionnant à y voir .
Non n'y allez surtout pas... Je n'ai pas spécialement envie de voir ce coin là envahi de hordes de touristes. D'ailleurs, c'est la lose, il n'y a pas de resort sur la plage, on est obligés de louer une chambre ou un appartement chez l'habitant et une voiture pour se déplacer. Nan, restez chez vous, ça sera mieux :D

Tout ça pour dire que j'ai vraiment aimé ce coin encore isolé, où, en revenant tard le soir en voiture entre Kourou et Cayenne, j'ai demandé à ma mère d'arrêter la voiture sur le bas côté pour admirer un ciel étoilé quasiment sans aucune pollution lumineuse, chose que je n'avais jamais vue de ma vie. Un régal. Rien que pour cette vue j'ai envie d'y retourner.

Et pour tout ce que je n'ai pas eu le temps de voir: les marais de Kaw, la ponte des tortues marines à Awala-Yalimapo, Saul ( alias un des bleds les plus perdus de la planète, accessible au choix en quad en 15 jours de piste,à pieds en 25 jours... ou en avion en moins d'une heure), la descente du Maroni en version longue de plusieurs jours...

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