vendredi 1 novembre 2013

La nuit du sabbat - H. Zschokke

 Et voilà, comme promis, une nouvelle détachée du recueil sur Hoffman. Détachée, car elle y a été publiée par erreur, n'était pas d'Hoffmann, mais plus probablement d'Heinrich Zschokke, autre auteur de nouvelles allemand, totalement inconnu de moi. Voici d'ailleurs le texte en VO, qui correspond assez bien, pour le peu que je l'ai survolé, à la traduction que j'ai lue.
On y suit la nuit très agitée d'un homme qui rencontre un curieux petit bonhomme vêtu de rouge, qui semble le suivre partout. Pour le narrateur, ce type dénommé "Manteufel" ( homme-diable) ne peut être que le malin, Satan, le démon, comme son nom l'indique. Aussi lorsqu'il accepte l'invitation de Manteufel à venir prendre un verre, les catastrophes s'enchaînent faisant de lui un meurtrier, un incendiaire et un fratricide.

Que dire, d'abord, il me paraît clair que la nouvelle n'est pas de Hoffman, mais qu'il s'agit d'un ajout erroné de la première édition. Hoffman avait du succès, aussi beaucoup d'auteurs se sont engouffrés dans la brèche fantastique. Mais on  n'y retrouve pas du tout les deux caractéristiques que j'avais citées pour Hoffman: l'humour un peu cynique, et les références à la musique.
 Et surtout, après quelques considérations bien lourdes sur le thème " ha il n'y a rien de mieux que la vie de famille, ma femme mes enfants sont ma joie, je ne comprends pas ceux qui se privent du bonheur d'une vie de famille, soit par égoïsme, soit par amour d'une vie de vice" ( oui, c'est dit à peu près comme ça, bonjour la subtilité!), on y a droit à une exploitation mollassonne du mythe de Caïn et Abel. Bon jusque là, ça pourrait aller, encore, la succession de situations grotesques qui arrive au héros est assez drôle - même si, j'en mettrais ma main au feu, ça n'était pas le but- mais surtout, et là, c'est la pire faute de goût pour moi, on a la fameuse conclusion que je déteste entre toutes " finalement tout ceci n'était qu'un rêve, tout est bien qui finit bien". NOOOOON! Bon d'accord, au milieu du XIX° siècle, ça sentait probablement moins le réchauffé que maintenant, mais , nooooooon, ça ne passe pas. alors oui, il y a diablerie dans cette histoire, mais elle est tellement mal ficelée que je me devais de le signaler, au moins pour défendre la réputation du pauvre Hoffman.

Après je ne sais pas si la nouvelle est aussi moralisatrice en allemand qu'en français, je n'ai pas eu le temps de la lire en VO, ou si c'est une question de traduction. Mais telle quelle, il s'agit d'une nouvelle poussive avec une morale à 2 sous: si tu fais des rêves violents alors que tu te crois pur, tu devrais faire un examen de conscience car le mal est déjà en germe en toi. Pourtant habituellement je suis bon public, mais là non, il y a vraiment trop de défauts, dans la narration molle, dans la morale pénible, dans les digressions familiales sans intérêt.

hop, une autre lecture de saison, ratée, mais de saison ( enfin presque, puisque la nuit dont il est question est en fait la nuit de Walpurgis, du 30 avril au 1 mai)
n°17, même mauvais, une nouvelle reste une nouvelle
et une première lecture pour la challenge LSD, deuxième saison
Milieu XIX° siècle
car le dénommé Manteufel est baron
Bon d'accord, je n'ai pas aimé, mais au moins c'est une lecture multifonction!

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