mercredi 17 janvier 2018

challenge " un max de BD"

ha, en voilà un que je devrais pouvoir arriver à survoler sans trop de difficultés.
Les modalités sont ici, avec plein de catégories bonus.


Je pars sur 10 lectures, la plus petite catégorie, quitte à monter en cours d'année, mais je vais jouer la sécurité!

Je sais déjà que je ne remplirais pas certaines catégories ( la 43 par exemple, ça ne m'est jamais arrivé)

Lire une BD :

  1. Où il pleut
  2. Avec des animaux qui parlent
  3. En couleur
  4. En noir et blanc + une couleur (ou un ton de couleur)
  5. Avec des personnages LGBTQ+
  6. Qu’une connaissance a adoré
  7. Qui a (eu) mauvaise presse
  8. Où on ignore le genre d’un des personnages
  9. Dont le scénariste et le dessinateur sont de deux nationalités différentes
  10. Fantastique
  11. De science-fiction
  12. Explicative/documentaire
  13. Dont on possède un objet dérivé
  14. Adapté d’une autre œuvre (film, peinture, roman, etc)
  15. Qui parle de fantômes
  16. De sorcières
  17. De vampires
  18. Qu’on a reçu en cadeau
  19. Dont la couverture est majoritairement verte
  20. Loué à la bibliothèque
  21. Emprunté (mais pas à la bibliothèque)
  22. Dans une autre langue que le français
  23. Auto-éditée
  24. Qui demande une interaction autre que la lecture (énigmes, BD dont vous êtes le héros, etc.)
  25. Dévorée d’une traite
  26. Qu’on a mis plus de trois jours à finir
  27. Avec des héros enfants (- de 12 ans)
  28. Sans texte
  29. Au contenu adulte
  30. Qui aborde le handicap
  31. Qu’une connaissance n’a pas aimé du tout
  32. Qu’on a acheté/loué après la lecture d’une critique sur un blog (et ce serait bien d’indiquer lequel)
  33. Qu’on voulait lire depuis très longtemps (plus de 2 ans)
  34. Sortie depuis moins d’un mois
  35. Adaptée d'un blog
  36. Éditée grâce à un crowdfunding
  37. Historique (même si des libertés ont été prises avec l’Histoire)
  38. Achetée lors d’un salon
  39. Dont on a rencontré l’auteur
  40. Un one-shot
  41. Qui est la première BD de l’auteur
  42. Qu’on aimerait faire lire au monde entier
  43. Qui nous a fait pleurer
  44. Qui nous a déçus
  45. Qui aborde bien une cause importante à nos yeux (féminisme, antispécisme, handicap, homophobie, racisme, que sais-je d’autre…)
  46. Qui a été éditée avant notre naissance (ça va être plus simple pour certain.e.s que pour d’autres)
  47. Choisie au pif
  48. Sélectionnée par son libraire (merci feue la boutique l'analphabète, qui me manque depuis plus de 10 ans)
    Le bal des chimères ( F. Lacaf et N.Moriquand)
  49. Le dernier tome d’une série
  50. Au contenu scientifique
Par contre désolée Kobaïtchi, mais je lourde de mon côté l'écriture inclusive que je trouve très compliquée à lire.
Peut être ma formation de base de prof de français pour étrangers, mais je ne supporte pas ce qui me rendrait l'apprentissage trop compliqué dans une autre langue, donc j'en reste à la grammaire et à l'orthographe normées.
Sinon, le jour où je devrais donner un cours, ça serait vraiment trop le souk. Et puis bon, toutes les langues ont leurs bizarreries, si ça n'est pas sur le genre des mots, ça sera autre chose ( oui, c'est à vous que je pense, verbes de mouvement en russe, adjectifs passés ou négatifs en japonais...)

dimanche 14 janvier 2018

Le bal des chimères ( BD 2 tomes) F. Lacaf et N.Moriquand

Dans le cadre du Cold Winter Challenge, j'avais initialement prévu une relecture d'un Roi sans divertissement de Giono, mais , force est de constater qu'une fois de plus le temps me fait défaut.

Mais soudain je me suis rappelé que j'avais cette BD en 2 tomes achetée et lue à sa sortie en 2005, mais pas relue depuis. Et qui est une référence assez arqué au livre de Giono.

C'est un peu la petite pépite de ma bibliothèque, pas tant pour l'édition elle même que pour les dédicaces qui y figurent.

A l'époque je fréquentait un magasin de BD qui organisait des dédicaces le samedi, le diptyque me plaisait bien, mais je travaillais tous les samedis. Ni une ni deux, le proprio me les avait gardés, alors que normalement il fallait venir pour avoir la dédicace, mais il avait été adorable de me proposer ça.
Je m'attendais à une petite signature, et j'ai eu en fait une superbe aquarelle du dessinateur et un mot de la scénariste sur chaque tome!
Apparemment , en cherchant sur le net, je trouve pas mal de photos de dédicaces du même genre, toujours légèrement différentes.. j'adore!

Donc venons en au vif du sujet, la BD a été rééditée depuis en intégrale sous le nom " La fiancée du Queyras", qui colle à la limite mieux, puisque le bal en question n'est évoqué que dans le tome 1.





La première planche donne le ton: c'est le 20 mars, une épaisse couche de neige recouvre la région. De la neige rougie par le sang d'un cadavre pour moment anonyme. Que s'est-il passé?


L'image du but reviendra à la fin du tome 2..en attendant, pour connaître l'explication, il faut revenir au 15 août de l'année d'avant
Anaïs de Saint Géraud, jolie femme qui est né et a passé sa jeunesse dans les Alpes, revient sur les lieux de son enfance: la citadelle de Montdauphin. Elle s'en serait bien passé, car ses souvenirs ne sont pas bons: elle était la fille du commandant du fort et a été élevée de manière très stricte, éducation dont elle a gardé une certaine dureté de caractère.
Et l'avenir ne s'annonce pas mieux, puisque c'est maintenant son mari, Anselme, un militaire particulièrement casse-pieds, jaloux et orgueilleux qui vient d'être nommé capitaine à cet endroit là.

Situation pour le moins étouffante, et avec la chaleur en prime, Anaïs ne tarde pas à faire malaise sur malaises, ce qui lui vaut une certaine inimité de la bonne société de Gap de ce début de XX° siècle. Les femmes surtout la voient d'un mauvais oeil: trop jolie, trop élégante, trop parisienne, même si elle parle couramment le patois. Mais surtout, à son corps plus que défendant, elle attire irrémédiablement les hommes du coin...ce qui lui vaut en plus des scènes de ménage.
Mais les choses prennent d'autres proportions lorsqu'au fil du temps, deux des hommes qui l'avaient serrée de trop près sont retrouvés morts. D'autant qu'en tant que fille de militaire et sait tirer au pistolet. Peu à peu au fil de l'automne, puis del'hiver, les morts se multiplient, avec toujours Anaïs en point commun

Et puis il y a cette vieille histoire pas très claire: son père tyrannique qui avait su se faire détester de toute la région est mort dans des circonstances non élucidées, on a parlé d'empoisonnement avec des champignons vénéneux. Un accident.. qui n'en était peut être pas un.

Mais deux militaires qui meurent ça fait désordre, l'armée nomme donc une vieux briscard à deux doigts la retraite pour enquêter sur cette coupable idéale.

D'autant qu'Anaïs a des fréquentations peu dignes d'une dame de la bonne société, puisqu'elle passe beaucoup de temps avec son ami de toujours, Marceau, le nain analphabète, homme à tout faire à l'auberge/maison de passe du coin. Mais Marceau est la seule personne qui ait une sincère affection pour elle et réciproquement.

J'ai bien apprécié cette relecture. La relation entre Anaïs et Marceau est très mignonne et apporte un peu de fraîcheur à cette histoire par ailleurs très sombre, ou il sera question de meurtre, de sang, de maltraitance et de bien d'autres choses encore qu'on devine assez vite.

La parenté avec Giono est évidente: mêmes lieux ou presque, la nature sauvage, l'hiver qui n'en finit pas, la neige teintée de sang, un militaire qui s'amuse à chasser une louve...
Et une phrase d'Un roi sans divertissement en préambule au tome 2.
Mais ça n'est pas une adaptation directe, plutôt une référence qui traverse l'histoire.

Maintenant il ne me reste plus qu'à relire Giono à l'occasion, j'en ai bien envie.

lundi 1 janvier 2018

nouvelle année, nouveau départ

Et il est temps de faire mon petit bilan personnel comme chaque année.

Autant dire que niveau challenges, ça a été un peu marée basse:à part le mois anglais, Halloween et le tout récent challenge russe qui commence bien, j'ai été aux abonnés absents cette année.

Et pour cause.

En fait, à mi-mars, j'ai changé de travail.

Ca faisait 7 ans et un peu plus que je m'enlisais dans un job de gardienne de musée, qui aurait pu être très sympa si la politique avait été de mettre à profit les compétences de chacun et de valoriser les employés, mais force est de constater que la situation s'était dégradée d'année en année au point de devenir intenable et de menacer ma santé à la fois physique et mentale.

J'avais plein d'idées, plein de projets, mais plus aucune énergie pour les mener à bien. J'ai donc fini par faire valoir mes soucis de santé ( je suis très allergique à pas mal de choses, et  travailler dans un endroit froid, humide, jamais aéré et donc rempli de moisissures me conduisait à devoir prendre des antihistaminiques 6 mois sur 12 et de la cortisone très régulièrement, avec tous les problèmes d'effets secondaires qui vont avec) pour demander une mutation dans un autre service, qui est loin de me convenir: administration... encore un truc éloigné de tout ce que j'aime et j'ai l'impression de bosser dans un bouquin de Kafka, tant je suis amenée à faire des trucs certes variés, mais souvent assez stupides et qui ne servent pas à grand chose au final.

Mais avec, pour la première fois en 20 ans de vie professionnelle, une chef sympa qui a bien compris que je n'allais pas rester là toute ma vie et m'a poussée à bouger. Dans la mesure où elle part à la retraite dans quelques mois, et me valide toutes mes demandes avant, c'est l'occasion d'en profiter.

Chose que je n'aurais pas pu faire dans mon précédent poste où j'étais à deux doigts de la dépression nerveuse par manque de stimulation et santé en berne.

Bon, depuis, je suis passée du Bore out au" brown out". Je persiste à penser que "syndrôme de Kafka"ou "syndrôme de Godot"  serait mieux.
Ou même "syndrôme des beaux jours": je me sens tout à fait comme la femme qui s'enlise et essaye de résister dans " oh les beaux jours".

Donc j'ai décidé que merde! J'ai 40 ans, il est plus que temps que j'envoie bouler tout ce qui me vide mentalement et me rend malade physiquement.

Et j'ai donc remis ma demande de mise en disponibilité pour convenance personnelle, d'abord pour un an, histoire de garder un pied dans la porte de la fonction publique, juste en cas cas d'une tuile majeure.
Chose qui a d'ailleurs été rendue possible par un événement survenu fin mars: la vente d'une maison dont j'ai co-hérité. Je l'avoue, sans cette aubaine, et même si la somme a été partagée en deux, j'aurais eu beaucoup plus de mal à me retourner, mais pour une fois que la chance tourne dans le bon sens, ça serait criminel de ne pas en profiter.

J'ai donc une somme, pas trop petite, mais pas trop énorme non plus, pour me donner le temps de voir venir. Et de me lancer enfin dans la reprise d'études dont j'ai déjà parlé ici plusieurs fois.

Pendant des années, j'ai travaillé, dans des emplois à peu près nuls, mais qui me payaient les cours de musique. Depuis 3 ans, ça s'était inversé, et je n'étais plus que " la fille qui a la musique comme loisir" quand le travail, vide et sans intérêt, était mon seul horizon. 
A partir de juillet ( et même avant, vu le nombre de jours de congés que j'ai à solder, et pour tout dire, c'est déjà amorcé et j'ai même repris la gym d'entretien, tranquillou chez moi, depuis début décembre ) je me recentre donc sur mes priorités, celles qui n'auraient jamais du être reléguées en second plan si la chance ne s'était pas obstinée à regarder ailleurs pendant.. hé bien, depuis ma naissance en fait.

Elles sont au nombre de 3: La musique. Les langues étrangères. Les voyages. Tout autre choix professionnel à long terme serait une nouvelle impasse que je refuse absolument.

En revanche, même s'il ne s'agit que de bosser chez un disquaire, je m'estimerais contente. Ou dans une agence de voyage. Ou donner des cours de français à distance, ou de soutien ( oui, je ne sors pas ça de mon chapeau, j'ai une maîtrise FLE, donc je suis formée à donner des cours de français aux adultes étrangers.. je n'ai jamais eu l'occasion d'y donner suite et j'ai beaucoup oublié, mais techniquement, avec un peu de boulot pour me remettre à niveau, rien n'est impossible. C'est juste qu'à force d'avoir le nez dans le guidon et d'avoir accepté n'importe quel boulot pour payer mon loyer, je n'ai jamais pu valoriser mon diplôme).

Donc voilà, musique, langues et voyages, à moi de trouver un moyen de combiner les trois au mieux, mais déjà je me donne un an sous forme de reprise d'études en histoire de l'art et archéologie, option musicologie, pour dégrossir tout ça. Et faire, au moins pendant ce temps là, quelque chose qui me plaît. Juste pour ne pas traîner jusque sur mon lit de mort la frustration de ne pas l'avoir fait d'abord parce que j'ai accumulé une série invraisemblable de tuiles de 18 à 30 ans* ensuite parce que je n'aurais pas eu le courage de saisir une occasion quand je l'aurais eue.

Le plus drôle dans tout ça , c'est que vu de l'extérieur, les gens qui me connaissent peu me prennent souvent pour quelqu'un d'assez tiède, d'indifférente, de peu décisive, ou en tout cas, qui se laisse porter par les événements sans essayer franchement d'aller à l'encontre de ce qui lui arrive. C'est parfois vrai, parce que je préfère éviter la bagarre ( ou de perdre du temps et de l'énergie vainement lorsque les choses et les gens n'en valent pas la peine ou sont vraiment impossibles à contrer), mais lorsque quelque chose me tient à coeur, je deviens aussi têtue qu'une mule rouge.

Donc voilà, 2017 a amorcé le changement, d'abord pour une ambiance plus saine, avec une entrée d'argent attendue depuis des mois et sans laquelle j'aurais probablement du végéter encore longtemps. 2018 va poursuivre sur cette lancée.

Donc je vous souhaite aussi à tous d'avoir plein de projets, l'énergie pour leur donner forme, et le petit coup de pouce de la chance pour pouvoir le faire.
challenge hiver russe oblige...
* on va penser que j'exagère mais voilà ce qui s'est passé: j'ai toujours su que ce qui me plaisait c'était l'histoire, l'archéologie, les langues et la musique.

Ma vie quotidienne, allégorie
si je devais me faire un blason, je crois que je choisirais des tuiles et des pépins. Et me ferais appeler la comtesse Pépin de la Tuile



Tuile n°1: Je voulais faire un bac D à l'origine pour m'orienter vers la géologie et la paléontologie-> le système français a changé, exit le bac D remplacé par le S où je n'aurais jamais réussi, étant une bille en maths, donc avec coeff.9 c'était mort.
Tuile n°2: Bon je vais m'orienter vers l'histoire, il va falloir bûcher en histoire. En terminale je suis tombée sur un prof totalement démissionnaire qui a manqué les 2/3del'année et n'a pas rattrapé ses cours, j'ai eu 6/20 au bac.La conseillère d'orientation m'a donc poussée à m'inscrire en fac dans la matière où j'aurais eu la meilleure note, en argumentant que je n'allais pas m'inscrire dans une matière où je n'avais pas eu la moyenne. Je ne savais pas que je pouvais quand même le faire et j'ai obtempéré: choix par défaut numéro 1.
Tuile n°3: l'allemand ça me plaît, je me dirige tranquillement vers la traduction, pourquoi pas? J'ai de gros problèmes de santé en 2°année de DEUG, je rate mon année, pas grave je repiquerai avant de partir ailleurs car m'a fac n'a pas la licence.
Tuile n°4: Réinscription pour la 2°année, après un été à faire des petits boulots: j'arrive au bureau des inscriptions en septembre pour apprendre que le DEUG d'allemand a été supprimé, il fallait que je m'inscrive en juin dans une autre fac.. mais ha, c'est ballot, on a prévenu tout le monde sauf vous. Evidemment pour la plus proche,  hors dates d'inscriptions, et comme vous n'avez pas validé la 2° année,il aurait fallu passer un test d'entrée la semaine dernière.
Bon ben voilà la liste des sections où il reste de la place. Vous avez eu de bonnes notes en français, les lettre modernes, c'est bien ça ne ferme à rien.
hop, second choix par défaut.
Tuile n°5: En effet , les lettres modernes, ça ne ferme pas de portes, mais si on ne veut pas devenir prof, ça n'en ouvre pas non plus.. donc ben, je fais traîner mes années de fac en cherchant de petits boulots jusqu'à avoir l'âge de toucher le RMI, puisqu'on ne trouve rien dans ma région et que je n'ai pas les moyens d'aller chercher ailleurs, jusqu'à finir par décrocher un CDI par moi-même, sans l'aide de l'ANPE puis du Pôle emploi. Dans ma région pourtant touristique, les "métiers porteurs" - donc avec aide financière pour la reconversion - étaient maçon, boucher, chauffeur poids lourds, et coiffeuse. Rien autour du tourisme. Si encore ils m'avaient proposé couvreuse, j'aurais pu ironiser que j'étais devenue au fil une véritable experte en tuiles, je n'ai même pas eu ce plaisir.

Vous me croyez si je vous dis que j'ai pensé à me pendre ou à me jeter au fleuve plusieurs fois?

Seule la pratique de la musique m'a permis d'éviter d'en arriver à la vraie de vraie dépression nerveuse. Ce qui explique pourquoi je veux tout, absolument tout tenter dans ce domaine là.
Rassurez-vous, ce qui ne tue pas rend plus fort, et j'ai aussi développé au fil des revers un sens de l'humour noir et de l'auto-dérision tellement blindé qu'il pourrait résister à un obus de mortier.

Mortier.. tuiles..p'tain, j'aurais du être maçonne en fait, Popol emploi avait raison.

samedi 30 décembre 2017

Loki - Georges Dumézil

Lorsqu'on a étudié la linguistique, on ne peut pas être passé à côté de Dumézil, un des grands noms de ce domaine avec Benveniste. Et j'ai eu l'occasion de les croiser à de nombreuses reprises à cette occasion, mais je ne m'étais pas encore penchée sur l'autre grand domaine de prédilection de G. Dumézil, à savoir la mythologie comparée.



C'est donc chose faite  avec cet essai sur Loki, ce personnage si important et complexe de la mythologie scandinave.
Replaçons dans le contexte. Le livre date de 1948, et même si elle paraît évidente maintenant, une approche comparative large était à l'époque quelque chose de totalement inédit dans ce domaine.

Pour traiter d'un thème ou d'un personnage précis, dans un cadre donné, on se contentait de former un corpus de ses occurrences dans le cadre en question et de voir ce qu'on pouvait en tirer.
D'autres chercheurs en folklore, en littérature, en mythologie s'étaient déjà intéressés aux légendes scandinaves avant Dumézil, mais en vase clos, en restant dans le monde scandinave et germanique et en s'en tenant aux textes écrits. D'où il ressortait que le dieu Loki n'apparait en fait pas très souvent hormis dans les textes de l'auteur Islandais Snorri Sturluson aux XII°- XIII° siècles.
Donc jusqu'à cette époque, c'est une chose entendue pour la plupart des intellectuels: Loki est soit une invention pure de Snorri Sturluson, soit un personnage ultra secondaire à fonction comique présent dans des textes antérieurs, que Snorri, en tant que clerc influencé donc par le christianisme, a détourné de son rôle de bouffon pour en faire un personnage central du mythe de fin du monde scandinave. En considérant que ce rôle sérieux est en décalage, et même en contradiction avec son statut de bouffon.

George Dumézil va donc s'atteler ici à prouver exactement le contraire:

1- Loki n'est pas une invention sortie de l'imagination de Snorri
2- Son rôle grandiose dans la mort du dieu de la lumière Baldr et la punition qui s'ensuit entraînant le Ragnarök n'est pas une contamination d'un personnage humoristique par une tradition chrétienne postérieure qui cherche à imposer un équivalent diabolique, mais bien une constituante fondamentale du personnage, antérieure au christianisme.

image ultra populaire dans les pays nordiques, reprise maintes fois: la condamnation de Loki pour le meurtre de Baldr est d'être attaché à un rocher jusqu'à la fin des temps, avec un serpent qui lui crache du venin à la figure. Bon au moins, sa femme est là pour atténuer les choses en récupérant la majeure partie du venin, c'est moins vicieux que d'être attaché à un rocher jusqu'à la fin des temps avec un aigle qui vous bouffe le foie, et sans l'aide de personne. Mais le parallèle entre Loki et Prométhée est évident. Les détails changent, mais l'archétype est très ressemblant, même si Prométhée n'est pas engagé dans un processus de vengeance destructrice. Mais Dumézil est malin et va aller chercher des ressemblances encore plus lointaines géographiquement que dans la mythologie grecque.

Et la grande idée de Dumézil est de transposer son expérience de chercheur en linguistique (il pouvait lire une trentaine de langues vivantes ou disparues*, donc il avait quand même une assez bonne notion de l'étymologie et de la parenté entre les langues) à d'autres faits culturels comme les traditions, la littérature, le folklore, les légendes..


Car s'il y a une parenté entre les langues provenant d'une même langue-mère, la même chose doit pouvoir se retrouver dans d'autres productions humaines.
Son corpus n'est donc pas limité à la production écrite, mais intègre également des choses moins matérielles, trop "folkloriques" justement pour les auteurs précédents: dictons, proverbes, surnoms de phénomènes météorologiques.. afin de prouver que non, le nom de Loki ( ou Loptr par moments) n'est pas limité à Snorri mais trouve d'autres occurrences dans les traditions populaires qui ont perduré jusqu'au XX° siècle)
Ce qui seul, ne prouve rien, les proverbes pourraient avoir été influencés par les écrits de Snorri puis popularisés

Il lui faut donc trouver dans d'autres traditions, et si possibles très éloignées géographiquement, un équivalent du personnage.
C'est Syrdon, personnage de bouffon, non issu d'une mythologie, mais d'un corpus d'épopées et de légendes héroïques sur les Nartes ( humains un peu surhumains, certes, mais pas divins) qu'il dresse de légendes ossètes.

Les ossètes sont un peuple descendant des scythes, qui vivent dans une région du Caucase, à peu près entre la Turquie, le Turkménistan et la Géorgie actuels. Région montagneuse, sans accès maritime. Donc un endroit suffisamment éloigné de la Scandinavie et difficile d'accès pour rendre impossible ou tout au moins, très improbable, l'emprunt direct d'une culture une autre, éloignées de plusieurs milliers de kilomètres.
Sachant qu'un mode de vie proche (ici, en plein air, avec une importante vie sociale sur la place publique)  pourrait induire des ressemblances dans les traditions, mais pas aussi complète que le montre le corpus qu'à nouveau, Dumézil collecte et explique.

Et en effet, les ressemblances "psychologiques" entre Syrdon le héros (ou l'anti héros) à la fois auxiliaire et antagoniste des autres héros, bouffon parfois ridicule, doté de la capacité de se métamorphoser notamment en femme et en vielle femme, ainsi qu'en objet et Loki sont très marquées, trop pour être le produit d'une évolution parallèle de thèmes communs. Y compris lorsque Syrdon, par jalousie et volonté de nuire, cause la mort "par conseil" et dans des circonstances très similaires- et non par action personnelle du héros sympathique et aimé de tous, Soslan. Personnage dont le nom fait référence à la chaleur, au mois de juillet, et dont la tombe, c'est précisé, comporte 3 ouvertures, une au levant, une au couchant et une au zénith. On aurait voulu consciemment indiquer la nature solaire de Soslan qu'on ne s'y prendrait pas autrement.
Mais ces ressemblances étaient passées inaperçues, justement à cause de la distance entre les deux sociétés et au fait que peu de gens étant capables, il faut le dire, de lire à la fois l'ancien norrois, le russe- langue dans laquelle ont été compilées les légendes caucasiennes-, le turc, l'arménien etc..
D'autre part comme il s'agit de légendes héroïques et non de mythes divins, les chercheurs précédents qui se sont focalisés sur la thématique "fin du monde" sont passés à côté. Les récits évoquent bien la fin du peuple narte,mais sans grand bouleversement cosmogonique, puisqu'on parle de dieu et non de héros.

Donc troisième nécessité: montrer que les héros des légendes nartes sont en fait des transpositions de dieux plus anciens, qui ont perdu leur statut divin, et là, ce sont les mythologies indo-iraniennes qu'il va fouiller (donc des choses attestées très anciennement, bien avant l'an zéro, où on peut exclure totalement une contamination chrétienne postérieures. Pour les hymnes védiques on est à peu près vers - 1500)
Et il trouve la parenté. Entre les archétypes de dieux hindous transposés sous une forme héroïque dans la mahabarata, où Duryodhana cause des méfaits de manière singulière qui ont des points communs avec les mauvaises actions de Loki (et là on est approximativement en - 400)
Il n'y a plus qu'à relier tous ces récits éparpillés entre l'Inde, l'Iran, Le Caucase, la Scandinavie pour arriver à une conclusion, qui ne fait toujours pas l'unanimité, mais est suffisamment construite pour mériter qu'on si penche: si des récits aussi éloignés géographiquement présentent des ressemblances aussi fortes et dans des sociétés aussi différentes que L'Iran de - 1000 et l'Islande de 1200 , il y a peu de chances pour qu'elles ne soient que le fruit du hasard, mais au contraire des traces d'un mythe commun beaucoup plus ancien, pré-indo-européen.

Ce qui règle donc la problématique double de l'invention de Loki par Snorri et de la contamination par le "diable" chrétien, puisque les mêmes constantes se retrouve déjà avant même l'invention du christianisme.

Loki version comics.. donc du coup, je ne peux pas valider cette vision  " casque à cornes diaboliques" qui sera malheureusement celle que la plupart des gens auront en tête oit par le biais du comics, soit par le biais de son adaptation en film.



Fun fact: je n'ai jamais vu Thor, le film. Mais a priori, j'ai comme l'impression que le " gentil " héros s'est pris une douche froide niveau popularité par rapport au personnage supposé être l'antagoniste et le sale type de l'histoire, s j'en juge au nombre de mèmes internet.
Faut dire que pour un scénariste, ce personnage là, c'est de l'or en barre
et des cornes 24 carats aussi. Je.. pffffff  cham-cham-cham-chamois d'or!!!! non sérieusement, j'aime bien cet acteur, et je compatis, ceci dit, j'ai presque envie de voir le film rien que pour savoir ce qu'il aura fait d'un rôle pareil. A mon avis quelque chose de bien barré.
une autre vision contemporaine, tirée d'un dessin animé japonais que je n'ai pas vu non plus. Apparemment, un truc particulièrement WTF qui mélange mythologies de plusieurs pays et ... comédie de lycée.En tout cas , a priori, il me plaît bien ce ptit rouquin à l'air facétieux, au moins ça a l'air raccord avec le concept de dieu du feu et de sale morveux.
J'ai vraiment trouvé ce livre passionnant, parfois assez difficile à lire ( oui je n'ai pas les compétences de linguiste de G Dumézil, donc les notes de fin en latin ou en danois dans le texte, euh...), j'ai un peu nagé avec les noms des héros nartes, je ne connais absolument rien à la culture ossète et avant de le lire, j'aurais au grand maximum été capable de placer l'Ossétie sur une carte.. quelque part part vers la Russie et la Géorgie . Le coin est toujours une pierre d'achoppement entre plusieurs pays, donc on entend parfois parler de l'Ossétie du nord et du sud, avec une carte si on regarde parfois Arte.

Mais je trouve le sujet non seulement fascinant, mais la rigueur scientifique employée très intéressante. Elle a fait date.
Et prend tout son sens, car depuis quelques années on commence à appliquer les techniques scientifiques de classement en "arbre phylogénétique" ( arbre généalogique des espèces vivantes permettant de trouver leur parenté) aux langues et aux faits culturels
En tout dernier lieu, une étude appliqué les méthodes de la génétique à l'origine des contes de fée.
Ce n'est jamais que la méthode Dumézil, avec beaucoup plus de moyen et la possibilité d'accéder à beaucoup plus de corpus.

Du coup, je me prends à me demander si on ne pourrait pas remonter encore plus loin dans cette étude qui s'arrête à l'origine indo-européenne du mythe. Dumézil a fait un travail énorme pour un seul homme, mais justement limité par les connaissances parcellaires de son époque, l'accès limité à certains textes, et le fait qu'il soit seul avec ses seules ( colossales il est vrai) compétences.
Si on comparait avec des textes amérindiens, et qu'on trouvait des parallèles suffisamment forts, on remonterait à une tradition datant d'avant la traversée du détroit de Béring par les lointains ancêtres des américains.
Mieux, si on trouvait une parenté suffisamment avec des mythes africains, c'est avant la sortie d'Afrique des humains qu'il faudrait en situer l'origine. Et c'est en dizaines, en centaines de milliers d'années qu'il faudrait penser. C'est vertigineux. Et j'adorerais savoir ça. Archéologie + étymologie + linguistique +littérature, autant dire tout ce que j'aime!

En tout cas, je conseille chaudement la lecture de ce livre. Je vais aussi me pencher sur les autres écrits de l'auteur, il fait parfois de l'autoréférence à ses ouvrages précédents, sur les sociétés anciennes, ça m'a l'air passionnant aussi.



* Entre autre il a appris l'Oubykh, une langue qu'il a sauvé de la disparition en compagnie de Tevfik Esenç ( dernier locuteur vivant à l'époque, mort depuis lors) et George Charachidzé . Et l'oubykh est donc aujourd'hui une langue morte mais dont il reste un dictionnaire. Et c'est probablement une des langues les plus difficiles au monde - les langues africaines à clics semblent une partie de plaisir à côté de la prononciation de l'oubykh. Plus de 70 consonnes et une poignée de voyelles. Une vidéo pour vous donner une idée.

Et pour conclure, après ce sujet très dense, encore une autre vision récente du personnage.
Là voilà, on le(?) tient!!

Je ne suis pas très branchée cosplay, mais là,c'est ultra cool et en plus en référence au personnage mythologique qu'à ses avatars comics, filmesques ou animés.
 La photo vient du site de ce jeune homme russe qui met en avant via photos et dessus, pas mal de personnages mythologiques et/ ou fantastiques. En tout cas bien vu. La caractéristique essentielle du personnage étant son identité très variable et c'est bien comme ça qu'on l'aime, notre dieu des facéties ( du coup je me suis demandé si le modèle était un homme, une femme ou se présentait " sans étiquette", c'est donc officiellement un homme, dessinateur et amateur de cosplay, qui pose pour pas mal de photos à thème androgyne. Et il a bien raison, même en tant que femme, j'avoue, je suis un rien jalouse, il est plus joli(E) que je ne le serai jamais.
Et je me sens un peu comme le loup de Tex Avery, prête à siffler sur le passage de cette troublante personne, peu importe son genre, mais j'ai de l'éducation! Oui en tant que femme sur le papier,  j'assume mon côté masculin, sinon physiquement, du moins dans ma tête, je ne peux donc qu'approuver quelqu'un qui fait la même chose inversement, vice-versa et réciproquement :D)


lundi 25 décembre 2017

New Victoria - Lia Habel

A l'origine, ce devait être une lecture Halloween ( il y est question de zombies), mais.. je n'ai pas eu la possibilité de le finir à temps.
Mais comme il combine attaque de zombies et fête de NoËl, cool, je peux le caser pour le challenge hiver.

couv' très sympa!

Donc, un livre dont je ne savais pas grand chose, hormis qu'il relève du courant steampunk, mais j'ai trouvé la couverture sympa, et à 99 centimes en opé Bragelonne, comme souvent, si c'est une déception, ce n'est pas trop grave.

Et on va dire que pour mon premier roman steampunk, oui ça va. Pas une excellente lecture, mais hormis les 60 premières pages qui plantent le décor et sont un peu longues,  j'ai lu le reste sans déplaisir. Grace à une multiplicité de points de vue assez sympa ( et très cinématographique, chaque chapitre est un récit à la première personne du point de vu de l'un des personages), à une héroïne qui ne s'en laisse pas conter sous ses airs de bibelot décoratif, et àune bonne dose d'humour volontiers absurde.

Après un prologue, qui présente un jeune homme nommé Bram, en très fâcheuse posture ( coincé dans une mine, avec des monstres à ses trousses, son copain vient d'être attaqué et mangé, et lui même voit arriver sa dernière heure à très grande vitesse),mais on ne saura pas ce qui arrive à Bram, s'il va s'en sortir et comment. Le chapitre 2saute directement 2 ans plus tard et s'attache à Nora Dearly, 17 ans, jeune femme orpheline de la bonne société néo Victorienne.

Ce dont il s'agit nous sera expliqué rapidement de manière assez fûtée, via un devoir d'histoire qu'elles est en train de rédiger: dans un futur assez lointain, suite à une guerre apocalyptique, les survivants ont crée une sorte de nouvel état combinant la modernité ( enfin celle de 2010: tablettes, téléphones portables, internet, hologrammes, électricité..) et le mode de vie du XIX°siècle victorien, vu comme un idéal de politesse, d'élégance et de raffinement.
Pas que dans ses bons côté hélas, puisque le monde néo-victorien en a également retenu une hiérarchie sociale très marquée basée sur l'argent, et une misogynie d'état: les femmes, enfin, les riches doivent donc être jolies, et passives, jusqu'à ce qu'un homme riche les épouse.

Très peu pour Nora, qui rentre chez elle, enfin, chez sa tante pour les vacances de Noël. Elle sait déjà ce qui va se passer: comme ses parents sont morts et que sa fêtarde de tante a dépensé tout l'héritage, Tatie va l'emmener visiter toutes les riches familles disposant d'une rejeton mâle à marier en espérant la caser le plus vite possible à un rupin.
Or son truc à Nora, c'est tout ce qui est mal vu pour une femme de la haute bourgeoise: avoir une meilleure amie fille de boulanger, faire du tir au pistolet, se passionner pour les documentaires sur la guerre, et la civilisation "punk" ( la faction opposée au monde néo victorien, la limite entre les deux est à peu près située au niveau de la Colombie. Avec un passage entier en Bolivie dans le décor minéral du Salar d'Uyuni. Et je note que l'action se passe donc dans ce coin là, les personnages ont des noms hispaniques, sont décris comme métis, Pamela, la meilleure copine de Nora, est moitié indienne.. cool! ça j'apprécie. On est pas dans un monde nord-américain wasp)

C'est à ce moment là que Nora est.. enlevée par une équipe de gens très bizarres, qui semblent liés à feu son père. Et elle va vite découvrir des choses inattendues.
Son père n'est pas mort. Enfin, pas tout à fait. Mais un peu quand même. Médecin , il travaillait sur le virus " Lazare", qui zombifie les gens, certains reviennent à la vie normalement, d'autres un peu bargeots. Et certains complètement tarés cannibales.
Le virus a été caché ( évidemment), et Nora a la chance d'être  naturellement immunisée ( qui ne l'avait pas vu venir, qui?)

Au milieu de tout ça, il y a Bram (le revoilà): il est sympathique, il est poli, il traite Nora non comme une potiche mais comme un être humain, d'égal à égal. L'homme idéal donc... à deux détails près: il est punk.
Et il est très mort lui aussi, suite à sa mésaventure au fond du puits de mine.

Yep, Roméo et Juliette, sauce Zombie.
Elle a ce détail qui la rend irrésistible: une circulation sanguine.
Il a ce détail qui le rend irrésistible: il n'a pas de pulsion cannibale.

Et autour de ces deux là gravitent une bande de bras cassés ( et rafistolés de bric et de broc) joyeusement bordéliques et colorés: Chas ( Chasteté. Même morte, elle n'assume pas du tout son nom et on la comprend) zombinette fêtarde et grande gueule qui se frite souvent avec son petit ami Tom, Renfield le bricoleur, Coalhouse qui se balade avec son oeil dans sa poche pour ne pas le perdre car il ne tient plus en place, le professeur Samedi et sa tête détachable - pour éviter de mordre son assistante vivante dans un excès d'enthousiasme..
Des zombies bien inoffensifs, tout dévoués à procurer le maximum de bien être à leur otage-hôte-nouvelle amie humaine, quitte à lui organiser une messe et une fête de Noël pour qu'elle se sente chez elle, car tous ont une énorme dette envers le père Dearly, médecin qui a trouvé le moyen de stabiliser leur état et d'éviter la décomposition, tout en leur évitant des fringales de sang frais.

Je ne rentrerai pas dans les détails des raisons de l'enlèvement de Nora ( il y a évidement un traitre dans l'histoire) pour souligner que autant Nora que sa copine Pamela sont de sacrée nénettes, dotées de caractères de cochon et prêtes à se bouger dans une société qui essaye de les mettre sous cloche, et d'autre part, c'est souvent drôle et n'importe quoi assumé.

Une lecture qui à défaut d'être inoubliable ( il y a quand même quelques trous d'air dans le scénario), et malgré un côté romance " tout les oppose mais..." un peu relou, compense par une bonne dose d'humour absurde. D'ailleurs le titre original est un jeu de mot difficile à traduire " Dearly, departed" qui n'y est plus dans le titre français assez bateau.

Et j'aime bien le sous texte anti-raciste plutôt bien vu: touche pas à mon pote mort, les zombies sont des humains comme les autres, tous ne sont pas affamés de chair fraîche, il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac.

Il y a un tome 2 mais je ne sais pas encore si je le lirai un jour. En tout cas je n'ai pas la pulsion de me jeter sur la suite comme.. euh.. non laissez tomber.

Cold winter challenge donc, mais je ne sais pas comment le classer:
Flocons magiques? Ce n'est pas du fantastique mais de la SF.
Magie de noël? La fête de Noël y est représentée, mais ce n'est pas l'essentiel de la trame.
Hors catégorie?

mardi 19 décembre 2017

quelques chaînes youtube russophiles et ou russophones

Dans ma recherche de sources sur la culture et la langue russes, je suis tombée sur quelques petites chaînes que j'avais envie de faire découvrir:



Attention, je parle de vraies chaînes avec un contenu, pas une compilation de vidéos moisies avec des gens ivres dans des situation ridicules.

Général


Macha et les enfants de l'est: Macha est jeune, Macha est Russe, comme on s'en doute, mais vit en France depuis quelques années. Elle a cependant gardé de son origine un petit accent tout mignon.
Elle nous fait découvrir sur un mode potache ( après tout elle devait avoir quoi... 18 ans quand elle a commencé sa chaîne?) les différences entre sa culture de naissance et sa culture d'adoption: l'école en Russie, les clichés sur les Russes, les comédies soviétiques, les contes , les mythes, la fête du nouvel an.. et surtout sa passion dévorante pour les pelmeni ( et je peux comprendre, c'est trop bon les pelmeni!)
La chaîne n'est pas mise à jour très souvent, je suppose que Macha est maintenant étudiante avec beaucoup de choses à faire, mais j'aime bien, et c'est un plaisir de mettre en avant UNE jeune vidéaste.





La Russe de PACA: Cette fois, c'est la chaîne de Mila, je ne la connais pas, même si nous sommes dans la même région ( elle est sur la côte d'Azur, pas du coté de chez moi, où la diaspora russe est assez petite et où quand on connait quelqu'un, qui vous présente quelqu'un, on finit par vite avoir rencontré tout le monde ): recettes de cuisine ( y compris les fameux pelmeni!), sujets sur la vie quotidienne en Russie et langue russe

Evidemment, j'ai sélectionné comme exemple le cours de gros mots, on ne se refait pas :D


Et la recette des fameux pelmeni..



Langue


Le russe facile avec Diana:une chaine que je connais peu mais Diana ( yep , une autre femme, ça fait plaisir) donne quelques infos sur sa langue et sa culture: les mots les plus employés, les cas en russe, les gestes culturels ( yep, je sais dire " allons boire un coup"  sans un mot maintenant :)







Le Russe avec une Russe: Maria, professeur de russe, propose aussi quelques cours en ligne.





Apprendre le Russe: Cette fois, c'est un français nommé Adrien qui s'y colle ( évitant au passage de transformer mon sujet en militantisme girl power)





De mon côté je me concentre sur la méthode audio "Michel Thomas",très intéressante, mais disponible uniquement via l'anglais. Ca n'est pas très dur, mais il faut au moins avoir des bases en anglais pour arriver à jongler entre les 3 langues , incluant donc ici le français. ceci dit, c'est aussi un excellent exercice pour améliorer AUSSI, en même temps sa compréhension orale de l'anglais.

Cette méthode que j'ai décidé de tester un peu par hasard (a un moment, j'avoue, où je l'avais trouvée un peu en tombée du camion sur le net en mp3..disons qu'il me fallait tester quand même avant d'investir dans une méthode assez chère, qui aurait pu ne pas me convenir), me plait énormément pour raviver des souvenirs un peu rouillés.

D'autres langues ( anglais, allemand, italien, portugais, chinois, que sais-je encore) sont, elles, disponibles via le français. Mais ce n'est pas encore le cas du russe. j'y penserai en tout cas avant les prochains voyages.


et encore une autre chaîne que je n'ai pas eu le temps de fouiller mais qui m'intéresse bien:

Russie.fr, apprendre le russe et plus



Et si avec tout ça je n'arrive pas à progresser, c'est à désespérer!
Et il ne me restera plus qu'à bouder dans mon coin...

vous ne le saviez pas, mais peu importe la couleur, je kiffe les renards.. vivants, hein!
Et les ours aussi.


dimanche 17 décembre 2017

Le Démon - Mikhaïl Lermontov et adaptation d'A. Rubinstein

Suite logique au précédent article, j'avais vaguement évoqué Le Démon, opéra de Rubinstein que je ne connaissais que très partiellement ( quelques airs et vaguement la trame).

Attention, ça va être un très long article, parce que j'ai du en passer par un long détour pour arriver à la version opéra.

Donc mes connaissances en russe sont trop lointaines et basiques pour me colleter à la poésie classique en VO. Il me faut donc trouver une traduction du texte en français.

C'est ici qu'on peut la trouver et ho! joie!  Le texte original est un long poème rimé ( si vous avez le courage ou de trèèèès bonnes bases en russe), je vois que les rimes sont assez libres, parfois croisées, parfois plates... mais la traduction française évite l'écueil de reconstituer des rimes françaises, tirées par les cheveux, en tordant le texte en tous sens.

Première constatation à la lecture: ça me rappelle quand même beaucoup " Eloa ou la soeur des anges" long poème d'Alfred de Vigny, quasiment contemporain du texte de Lermontov.

Eloa :1823
Le démon: commencé en 1838 fini en 1842




Damned! ( c'est le cas de le dire!), pour pouvoir parler de l'opéra, il faut que je parle du texte d'origine, mais pour pouvoir en parler, il faut que je fasse une  re-lecture de Vigny, pour trouver les points de rapport et de comparaison.

Nous voilà donc avec deux auteurs quasiment contemporains, dans deux pays différents ,tous deux plus ou moins dans le même registre romantique fantastique, qui mettent en scène une histoire d'anges déchus amoureux, en célébrant au passage les beautés de la nature.

Eloa:brièvement, Eloa est une ange ( oui unE: Vigny règle vite la question du sexe des anges, en expliquant que les anges ont un genre et même ont des relations sentimentales entre eux).
Eloa est crée à partir d'une larme de jésus, comme ange de la compassion et de la consolation. Sitôt instruite de l'histoire de Lucifer, elle décide de faire une affaire personnelle de le ramener dans le droit chemin, et aux cieux par la même occasion. Sympathy for the devil!

Et part donc à sa recherche, le trouve.. et se fait manipuler en beauté par le diable, tour à tour sincère dans son dépit d'avoir perdu sa place, et roublard qui finit par malgré tout entraîner sa sauveteuse dans son royaume, avec les autres anges déchus.

Le texte de Vigny: un poil longuet quand même, avec toute une partie sur l'origine d'Eloa qui aurait gagné à être un rien plus court.
Et surtout ces alexandrins en rimes plates, bien soporifiques...oui j'ai du mal avec ce rythme ronronnant.

Mais j'ai apprécié l'idée que ça soit une femme qui parte à l'aventure de son propre chef, suivant son idée fixe quitte à se planter en beauté: c'est une ange, pure, chaste, innocente etc.. et de ce fait, elle n'a pas inventé l'eau chaude et est plus imprudente que courageuse.
Mais bon la fin est plaisante puisque... pas de rédemption pour l'un et chute pour l'autre, pas de happy end qui aurait tout gâché.

Je me rends soudain compte que parler de Vigny en des termes aussi familiers m'aurait valu en fac un beau 1/20 pour l'encre et le papier...


A noter que l'ange déchu y est clairement  identifié: D'abord en tant que Lucifer ( avec explication de texte sur le nom) et ensuite comme Satan.


Le Démon: Lermontov ne s'embarrasse pas d'explications, et, directement, place son démon anonyme planant au dessus des montagnes de Georgie, insensible à la majesté du paysage, faisant le mal...par ce que c'est sa fonction, ce qui l'ennuie hautement (ce détail était aussi chez Vigny, il fait le mal sans en tirer un quelconque amusement, on se lasse vite de piéger les humains)
Le démon n'est pas foncièrement mauvais, il est surtout pris au piège de la situation.
Voilà qui est intéressant...

Le démon n'est pas nommé, cette fois, mais enfin, il est déchu, c'était autrefois un ange lumineux, le plus important, qui a perdu sa couronne.. il se présente comme représentant la science, la connaissance, et se voulant au final plutôt du côté des humains dont il cherche au final à atténuer les souffrances après les avoir provoquées pendant des siècles. Bon, ça fait quand même beaucoup d'indices.

Il se désintéresse de tout jusqu'à ce qu'il aperçoive Tamara, jolie brune géorgienne d'une noble famille, qui va se marier prochainement. Elle a d'ailleurs des doutes à ce sujet, prise au piège elle aussi de sa situation de fille obéissante qui doit renoncer à sa liberté et épouser celui qui lui a été destiné, sans qu'elle ait vraiment son mot à dire. Elle s'y résout sans trop de mauvaise humeur, après tout, le fiancé est jeune homme de bonne famille, pas un vieillard, c'est plus qu'elle ne pouvait espérer.

Par malchance ( ou intervention démoniaque? ça n'est pas aussi clair vraiment mentionné dans la traduction et je ne sais pas ce que dit exactement le texte original), le promis est attaqué sur la route par une horde tatare et meurt avant d'arriver au mariage, laissant Tamara désemparée par la nouvelle... jusqu'à ce que le démon, touché par la situation de cette femme, lui parle en rêve et lui adresse des paroles consolatrices nuit après nuit. Et en tombe amoureux.

Voilà qui est intéressant ( bis)

Tamara troublée par ces rêves récurrents ( qu'on devine aisément, sinon érotiques, du moins sensuels, articulés autour de l'apparition d'un beau brun inconnu d'elle) se retire au couvent pour essayer de fuir son obsession.. en vain, puisqu'elle redoute autant qu'elle espère l'arrivée de ce mystérieux visiteur de rêve(s).

Effectivement,il finit par venir, sans lui cacher sa nature, et lui promettre qu'il renonce au mal pour elle, en qui il voit enfin un possible salut.
Tout serait bien qui finirait bien... enfin, si l'on peut dire, par la damnation volontaire de Tamara qui après quelques réticences ( qu'on peut résumer en "pourquoi moi? Il y a des femmes plein le monde et je n'ai rien de spécial" car elle n'est pas aussi naïve qu' Eloa..., à quoi le démon donne une réponse désarmante de sincérité, quelque chose comme " tu me plait, ça ne s'explique pas, tu mérites une autre vie que les murs d'un couvent, je peux te l'offrir,avec la connaissance et l'immortalité aussi en prime si tu acceptes ma compagnie") n'est pas insensible aux charmes et aux promesses d'un type à l'air si sincère, fut-il une créature surnaturelle.

Enfin, tout irait bien, si elle n'était pas sous la surveillance d'un ange gardien.
Tamara meurt empoisonnée ( rouler des patins à un démon a cet effet là.. et lui même ne semblait pas être vraiment conscient de ce fait jusqu' alors), mais gloria alléluia, son âme est sauvée de la damnation par l'ange ... absolument dénué de toute compassion ( lui aussi ne fait que ce qu'il doit faire, se fiche royalement de Tamara, dont il dit même avec un certain culot qu'elle était attendue depuis longtemps au paradis, destinée à mourir jeune après avoir souffert, bonjour le cynisme!)

Eros vs Tanathos, la lutte de la morale et du désir, la victoire de l'esprit sur la matière...On y est en plein.

La morale chrétienne est sauve, mais... par le texte, par les descriptions, on sent quand même que Lermontov a une plus grande sympathie (whooohooo) pour son démon presque plus positif au final que l'ange. Il ne s'y serait pas mieux pris pour se faire l'avocat du diable... un diable étrangement touchant, plus victime que criminel, et pour qui on a volontiers de l'indulgence.

Et pourtant l'écriture n'a pas été sans difficultés, le texte a été remanié un grand nombre de fois ( pour faire coller la fin à là morale religieuse de l'époque:pas de salvation = pas de publication. On peut supposer que ça n'est pas vraiment la vision que voulait l'auteur, qui est mort avant d'avoir mis un point final et publié son texte, qu'il remaniait sans cesse sans arriver réellement à concilier ses idées et les nécessités éditoriales. au final ce sera quand même un de ses plus célèbres et appréciés)

Autant dire que pour moi, entre les deux, Lermontov l'emporte haut la main: Tamara est plus intéressante qu'Eloa, le démon plus sympathique (please to meet you.. I hope you guess my name houhou) et son texte assume une sensualité troublante que celui, plus éthéré, de Vigny, n'a pas vraiment.

Je ne peux pas m'empêcher de penser au génie du mal de la Cathédrale de Liège.

je ne me lasse pas de cette statue et de sa petite histoire. En forme d'erreur de calcul géante.
Oui, dans le but de faire comprendre aux ouailles que le mal, c'est pas bien, ils se sont retrouvés avec une statue d'un homme 3/4 nu, impeccablement bien roulé, dans une position lascive .
A quel moment ont-il compris que ça n'allait pas être très dissuasif pour les "innocentes" fidèles et qui n'ont pas franchement dû écouter très attentivement les sermons depuis lors?

Donc voilà le Démon de Lermontov est à peu près dans la droite ligne de ce genre de représentation autant dire que j'attends beaucoup de l'adaptation.

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Bon maintenant que le décor est planté, changeons le disque, et passons des Stones à Anton Rubinstein.

Le Démon est une oeuvre très célèbre en Russie, mais presque inconnue en Europe de l'Ouest, car presque jamais programmée ( ne rêvons pas c'est déjà un mini-miracle lorsqu'on nous propose La Dame de Pique ou Eugène Oneguine, en tout cas hors des capitales)

Le voilà donc en entier et en version 2015, accrochez vous, il y en a pour 2 heures et demie..( avec un petite interview des chanteurs, metteur en scène et chef d'orchestre au milieu...mais rien n'est traduit, désolée! Donc voilà un petit résumé tableau par tableau pour suivre l'action.)

Déjà, j'aime beaucoup le prologue d'un point de vue sonore: plein de sons graves qui évoquent la chute de l'ange déchu avec un bruit de tempête sur son passage, et choeurs surpuissants d'esprits malfaisants.

Mais comme on peut difficilement faire un opéra de 2 heures avec seulement 2 ou 3 personnages et des choeurs,il y a quelques différences assez cruciales, qui modifient beaucoup la perception générale de l'histoire:

 - Le prologue présente une sorte de dispute entre l'ange (une femme à la voix trèèèès grave. Jolie trouvaille ambiguë!) et le démon qui refuse de rentrer dans le rang. Et cette apparition de l'ange dès le début donne l'impression que Tamara est simplement un trophée que chacun d'eux va s'efforcer de remporter avant l'autre... là encore la lecture est modifiée, rendant Tamara moins intéressante, plus passive, plus victime des circonstances Dommage.

  - Tamara et le démon se rencontrent dès le début, puisqu'il vient la draguer ouvertement alors qu'elle va puiser de l'eau à la rivière.Je ne sais pas si elle le voit, mais en tout cas elle l'entend quand même s'adresser à elle une première fois à cette occasion.

 - L'implication du démon dans la mort du fiancé est beaucoup plus claire que ne semblait le dire le texte à la base, en tout cas dans la traduction française.
Et marquée dans la musique par un beau leitmotiv de cordes inquiétant.

Dommage, donc, le livret prend des libertés qui précisent trop de choses, là où le côté brumeux du texte d'origine était au final plus efficace pour brouiller les pistes entre le bien et le mal.
Là, le démon reste quand même assez ouvertement malfaisant et manipulateur. C'est moins original que le matériau de départ ( je rappelle que le texte date du milieu du XIX°siècle, où c'était novateur et limite impie de présenter un démon sympa.. Lermontov l'a fait, mais je suppose qu'il a du falloir édulcorer l'histoire d'un point de vue religieux pour le passage sur scène... c'est un certain Pavel Viskovatov qui s'en est chargé).

Par contre, auditivement, donc, j'aime beaucoup, même les airs de ténor, même les airs de soprano, c'est dire si c'est rare.
Et, outre le baryton-basse en rôle principal, il y a DEUX contralto (l'ange et la dame de compagnie de Tamara) et DEUX vraies basses (le père de Tamara et le serviteur) et ça c'est une énorme point positif, et de très beaux motifs au violoncelle, au cas où ma passion immodérée pour les voix et sons graves ne serait pas encore assez claire pour tout le monde! Du bonheur dans mes oreilles!

Je n'ai pas choisi cette version à la mise en espace - plus que mise en scène- étrange qui ne me convainc pas tout à fait simplement parce que je parlais du regretté Dmitri Khvorostovki il y a peu, même si c'est un plaisir de constater sur la longueur qu'outre sa voix vraiment riche et profonde ( et ce, même s'il était déjà gravement malade ce qui force le respect), il a avait aussi une présence impressionnante sur scène: son démon est à la fois inquiétant et fascinant, même si très classique par rapport au modèle littéraire.
Mais là on en revient au problème précédent, on peut mettre n'importe qui dans la distribution, si ça pêche un peu du côté du livret, ça pêchera toujours quoi qu'on y fasse.

Il arrive quand même à garder son charisme, c'est une prouesse, malgré une perruque qui continue à me poser un problème: Le démon est censé être BRUN! C'est écrit noir sur blanc par Lermontov lui-même, à plusieurs reprises, c'est presque même la seule chose sûre et certaine en ce qui concerne son apparence: il est séduisant - ce qui est suffisamment vague pour être laissé à l'imagination de chacun, ET brun, et ça c'est quand même précis! ( bon, je devine qu'ils ont quand même voulu garder bien visible la caractéristique principale immédiatement visible de la vedette: ses cheveux blancs comme neige depuis des années)
Et bizarrement l'ange porte la même moumoute, en noir. Bon on va dire que c'est pour le côté graphique, tout est en noir et blanc, on inverse les couleurs entre le bien et le mal et hop, le tour est joué... Pas très convainquant mais je suppose que c'est l'idée.

Mais surtout, j'ai choisi cette version, malgré mes réserves sur la représentation, parce que c'est une des seules disponibles en ligne et en intégralité. Des extraits oui ,on en trouve avec d'autres interprètes pour comparer,des morceaux isolés, ou des enregistrements audio... mais en intégralité et sur scène, il n'y en a a priori qu'une autre, chantée par des lettons, donc, puisque j'ai le choix, je garde le chant en russe par une majorité de natifs.
Et ça m'a aussi permis de découvrir, comme quoi tout arrive, un jeune ténor avec une voix assez puissante, et fort agréable ( qui interprète ici le rôle du fiancé de Tamara), Igor Morozow (étonnamment, un homonyme d'un autre ténor né en 1948),et Asmik Grigorian ( Tamara), soprano lithuanienne tout à fait écoutable que je ne connaissais pas non plus. Des voix à suivre...

J'ai donc beaucoup aimé le texte de Lermontov, beaucoup apprécié la musique de Rubinstein, même si, au final, je trouve le livret un peu bateau, et la mise en scène que j'ai trouvée un peu trop étriquée (disons que le concert était donné dans une salle de concert, pas dans une immense théâtre, chanteurs et musiciens doivent se partager un minuscule espace...Après un autre truc qui me gêne dans les productions récentes c'est la manie de faire chanter les gens parfois dans des positions passablement ridicules: à plat dos, assise par terre les genoux croisés sous la poitrine... c'est un peu n'importe quoi au niveau respiratoire, et c'est un coup à rater une note, ce qui ne se produit heureusement pas ici... mais pourquoi pas en faisant l'arbre droit contre un mur pendant qu'on y est, hein...)

Et pour conclure, je me devais de souligner ça, en 2011, je faisais le challenge "nécrophile"  alias " j'aime les auteurs morts".
L'ami Mikhaïl aurait pu entrer dans 2 catégories ( mort avant 35 ans et mort dans des circonstances particulières: tué à 26 ans en Duel. Comme Pouchkine (37 ans, et duel aussi...)
Conclusion: ne pas laisser un écrivain russe approcher de quoi que ce soit qui puisse servir d'arme...

Bienvenue amis curieux!

Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouvait un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture