dimanche 14 mai 2017

Le mois anglais, édition n°6

Juin approche à grands pas, et alors que je n'ai pas encore honoré du moindre billet le mois italien, je commence déjà à réfléchir au rendez-vous So British, qui revient avec la même régularité (et au même moment) que le Derby d'Epsom.

Toujours en compagnie de Lou et Cryssilda, as usual.

Pour ce qui est des lectures, je n'ai prévu que le Tome 3 des Gnomes de Terry Pratchett et un recueil de nouvelles de Brian Aldiss.
Ah, si , j'oubliais, j'ai encore un billet sur une lecture d'il a quelques temps à programmer ( l'île du dr Moreau, que j'ai fini trop tard pour le mois Halloween et ma thématique " monstres en tous genres"). Il faut que je réfléchisse à une 4° lecture , histoire d'avoir au moins une lecture par semaine. Je pense qu'il va bien y avoir un jour " Agatha Christie" , c'est aussi traditionnel que les scones.

mmmm scones...(par contre, je vais faire mon mea culpa, je préfère le thé vert au thé noir)


Il y aura de la musique, comme d'habitude, avec un sujet spécial Swinging London, un autre sur Gustav Holst et.. hé bien, là encore, j'aviserai. Ce n'est pas que je n'ai pas d'idées, mais au contraire que j'en ai trop.

Et au minimum un film. Je vous donne un indice:



Probablement d'autres aussi, à aviser en fonction de mes envies du moment. Tiens oui je vais tenter 1 lecture et 1 film par semaine.

J'ai aussi un billet "voyage " à programmer, puisque j'ai passé quelques jours à Londres en janvier dernier.

Depuis mon changement de travail, je n'ai plus beaucoup de temps libre pour la lecture: il faut dire que dans mon précédent emploi, je lisais au travail quand il n'y avait personne, et croyez-moi, j'en avais , du temps à tuer. Et là, c'est l'inverse, je commence à 8h30, je me lance dans ce que j'ai à faire, j'enchaîne les tâches tellement variées que j'arrive à 12h00 en n'ayant pas arrêté une seule seconde, et en ayant paradoxalement l'impression de n'avoir rien fait car.. c'est justement tellement varié que je n'arrive pas à me souvenir de ce que je fais. Bref, je ne m'ennuie plus, et ça c'est déjà une bonne chose! L'envers du décors, c'est que je passe maintenant 7h12 par jour su l'ordinateur et à lire des dossiers, donc , une fois rentrée chez moi, j'ai plutôt tendance à vouloir faire autre chose.


Allez, préparez vos valises, ça commence le 1°Juin

jeudi 4 mai 2017

Pourquoi la Guyane?

hé oui, pourquoi?

LA raison principale est à peu près celle qui attire le plus de visiteurs dans ce coin là : aller voir quelqu'un qui y habite ou qui y travaille pour un temps. L'autre étant: aller y travailler, en général chez Arianespace.

Et c'est à peu près tout, au grand désarroi de l'office de Tourisme local, qui peine à faire venir du monde pour d'autres raisons. Avec la Martinique et la Guadeloupe, leurs plages de sable fin et leur mer bleue, c'est sur que la Guyane a des voisins qui drainent la majeure partie des touristes de métropole. Et font plus rêver (ou crever de jalousie, au choix) les gens à qui vous raconterez vos vacances.

Or je suis venue, j'ai vu, et j'ai beaucoup aimé.
Bon j'avoue, ça fait aussi des années que je comptais y aller quand l'occasion se présenterai pour une raison qui tient en quelques mots : " base de Kourou", et si possible pour voir un lancement de fusée.

Pas de chance pour moi - mais c'est mon karma moisi qui veut ça -  un lanceur Ariane 5 a décollé la veille de mon arrivée, et un lanceur Vega le lendemain de mon départ. Mais mes dates étaient calées , réservées, bloquées depuis des mois quand je l'ai su, et avec ma déveine clinique, il n'y a eu ni grève, ni vent qui auraient pu faire reporter Ariane.

Après pour le reste, comme je suis surtout allée voir une copine, mon programme était assez libre, avec quelques " clous" touristiques précis: une semaine à Cayenne, une autre divisée entre Kourou et Saint-Laurent du Maroni, retour à Cayenne pour reprendre l'avion, et un guide touristique en poche pour se donner des idées une fois sur place.
Bon évidemment, il y avait les incontournables: îles du Salut, bagne de la transportation ( histoire de se souvenir que la France , si prompte à se glorifier d'être la patrie des droits de l'Homme, a quand même beaucoup de choses à se reprocher. Si vous voulez, la Russie a eu la Sibérie, la France a eu la Guyane. Le même principe, en beaucoup plus chaud et humide) , Base de Kourou, Marché de Cacao, promenade en pirogue sur le Maroni..

Donc nous voilà partie en septembre dernier, ma mère et moi ( on aime bien voyager ensemble, on s'entend bien et on n'a pas vraiment eu l'occasion de le faire les 35 premières années de ma vie. Donc maintenant, et depuis 2010 c'est en gros , un voyage ensemble par an, si possible bien loin!), après avoir choisi la saison sèche, bien évidemment, pas question de se faire pourrir les vacances par des trombes d'eau et de ne pas pouvoir aller se promener en forêt à cause des chemins détrempés.

Les avantages: il pleut peu, une averse en deux semaines, et peu de moustiques. sans exagérer, j'ai été autant piquée, moi qui les attire à des kilomètres même à travers une épaisse couche d'anti moustique, sur moi ET sur les vêtements, en deux semaines sous l'équateur ou presque, que la semaine de mon retour à Avignon... en octobre.

Les inconvénients: il fait chaud, ça on le sait . Mais si je supporte mal le chaud ici chez moi parce que je n'ai pas d'autre choix que de le subir, en vacances, c'est différent: pas de nécessité d'être efficace au travail par 35°C à l'ombre, je peux flemmarder un moment sans remord si vraiment c'est trop dur. Et puis, on venait de se payer un été caniculaire depuis juin, nuit et jour sans le moindre répit, donc en réservant une chambre climatisée chez l'habitant, au final, ça a été largement plus supportable que chez moi avec mon malheureux ventilateur.
Non le vrai problème pour moi c'est la luminosité aveuglante dès le matin . Hé oui, on est presque sous l'équateur, et le soleil est quasiment vertical du matin au soir - qui tombe tôt, il faut le savoir. La région n'a pas de décalage par rapport à l'heure solaire ( heure d'hiver , heure d'été hahaha, c'te blague) pour une raison simple: lancement de fusées. Pas question de risquer de s'emmêler les pinceaux et de foirer un lancer à ouat'millions d'euros et de devoir rembourser le client parce qu'on aura mal réglé les horloges en mars ou en octobre. Et être calés sur l'heure solaire est plus simple pour suivre la fusée avec des balises mondiales toutes calibrées pareil.
Mais j'y reviendrai quand je parlerai de la base.
Revenons en à notre soleil cru et vertical. Ca pique. Ca pique beaucoup. Même avec des lunettes solaires "noir profond", spécial montagne, filtre UV maximal.


Et qui dit mal aux yeux, dit "mal de tête", et j'ai bien dérouillé sur ce point là les premiers jours.

Après il y a eu 2 moments difficiles:un mois avant le départ, avec le vaccin obligatoire contre la fièvre jaune, qui m'a valu une semaine d'arrêt maladie tellement je l'ai mal supporté ( en même temps, je me dis que si le vaccin m'a ratatinée, qu'est-ce que ça aurait été si j'avais réellement chopé la fièvre). Mais bon, quand on vous donne le jour du vaccin, une liste des effets secondaires avec " cas rares, 1 sur 1000".. mmm on n'a pas la même définition de rare. Le truc " fun": j'ai eu tous les jour un nouvel effet secondaire , différent de la veille.J'ai réussi à aller jusqu'au " cas très rare 1 sur 10 000", encre ma sempiternelle veine: j'ai un système immunitaire très très très compétitif. Trop. Et j'ai toute une panoplie d'allergies très relou à cause de ça.
Bon heureusement je me suis arrêtée là (puisque je suis encore de ce monde pour le dire), mais j'ai dérouillé sévèrement quand même.

Et l'autre, ça a été le retour, et l'angine carabinée, chopée dans l'avion  grâce à la climatisation polaire - ou qui paraît polaire quand on a passé beaucoup de temps à 35°C - et le retour en métropole ou 2 semaines ont suffit à passer d'une température proche à quelque chose comme 12°C avec un vent à faire voler les pierres. Et c'est pour qui la nouvelle semaine d'arrêt maladie, c'est pour bibi!

Oui je sais, je vous vends du rêve là. Mais d'une le vaccin dure bien 10 ans ( et dans mon cas, il y a des chances que l'effet dure plus, et de toutes façon, même le rappel du tétanos me fout à plat), on est tranquille pour longtemps quand on y survit ( gniark gniark). Et puis une angine, bon.. dans le fond, c'est comme qui dirait une manière de revenir à la réalité quand même moins violente que le travail. si j'assume ce que je dis, vu le travail que j'avais encore à l'époque, c'était presque une semaine de vacances en plus. En tout cas, rien pour me convaincre de rester chez moi à l'avenir.

Non n'allez pas en Guyane, c'est moche..
l'architecture est banale
la nourriture peu variée et très fade

La faune est sans intérêt

et plus généralement, il n'y a rien de bien passionnant à y voir .
Non n'y allez surtout pas... Je n'ai pas spécialement envie de voir ce coin là envahi de hordes de touristes. D'ailleurs, c'est la lose, il n'y a pas de resort sur la plage, on est obligés de louer une chambre ou un appartement chez l'habitant et une voiture pour se déplacer. Nan, restez chez vous, ça sera mieux :D

Tout ça pour dire que j'ai vraiment aimé ce coin encore isolé, où, en revenant tard le soir en voiture entre Kourou et Cayenne, j'ai demandé à ma mère d'arrêter la voiture sur le bas côté pour admirer un ciel étoilé quasiment sans aucune pollution lumineuse, chose que je n'avais jamais vue de ma vie. Un régal. Rien que pour cette vue j'ai envie d'y retourner.

Et pour tout ce que je n'ai pas eu le temps de voir: les marais de Kaw, la ponte des tortues marines à Awala-Yalimapo, Saul ( alias un des bleds les plus perdus de la planète, accessible au choix en quad en 15 jours de piste,à pieds en 25 jours... ou en avion en moins d'une heure), la descente du Maroni en version longue de plusieurs jours...

mercredi 3 mai 2017

challenge Amérique du Sud

Encore un challenge, alors que je peine à remplir mes missions actuelles?

Hé oui, mais d'une part celui-ci finit en décembre, et ça serait bien incroyable que je n'arrive pas à caser au moins un ou deux sujets d'ici à, d'autre part, c'est une région du monde dont je connais assez peu la littérature, d'autre d'autre part ceux qui me suivent régulièrement le savent, je suis partie l'an dernier en vacances en Guyane, et j'ai adoré. J'ai même ramené des tas de souvenirs, qui se mangent et se boivent, qui se regardent et aussi qui se lisent.
après m'être fait confirmer que la Guyane compte donc dans le défi, j'ai décidé , sans que ça soit restrictif, de concentrer mes efforts sur ce bout de France sud-américaine, qui fait que contre toute attente la plus longue frontière française soit celle avec le Brésil ( frontière terrestre j'entends, je ne connais pas le détail des frontières maritimes et des eaux territoriales. Hé oui, réfléchissez y: la France a une frontière commune terrestre avec le Brésil et une frontière commune avec le Canada: en pleine mer grâce à Saint-Pierre-Et Miquelon.. ça vous coupe la chique non?)
Au départ, c'était une idée d'Eimelle, créatrice par ailleurs du challenge Italie ( pff c'est maintenant en ce moment, et j'ai du retard!!!), et également grande fan de théâtre que j'ai eu l'occasion de rencontrer en vrai du direct de la réalité IRL, quand elle vient au festival d'Avignon.
Le challenge a été repris par "Ma petite médiathèque" depuis janvier, mais je ne l'ai su que récemment, je sais, je suis à la ramasse.

Pour les modalités, c'est ici


Il y aura donc pour moi une petite série de billets spéciaux "Lagwiyan", sur ce que j'ai vu, fait et surtout mangé, rassurez-vous je n'oublie absolument pas ce paramètre importantissime, et j'ai aussi un peu de lectures en réserve, des contes, des récits du peuple Saramaca, un roman policier. Je vais piocher par là!

Si le temps est avec moi, je tenterai quand même de visiter littérairement un ou deux autres endroits, mais pour moi ça sera donc surtout un challenge Guyanais.

Ho et puis, je vais donc inaugurer avec une chanson en créole.. "Lagwiyann bel ti koté" ( la Guyane est un bel endroit)
Parce que c'est le genre de choses que j'ai écoutées pendant deux semaines à la radio locale, et que ça me file le sourire.

Alors pour que les choses soient claires, je ferai une mise à jour de ce sujet lorsque des choses s'ajouteront. Et je commence par lister les 2 billets guyanais que j'avais déjà faits


Thématique "Lagwiyann Bel Ti koté" (oui ce titre me plaît!)

Folklore
- Maskilili, chouval twa pat et autres monstres de la jungle

Visites
- Cimetière de Cayenne






Autres lieux, otros sitios, outros sitios...




lundi 17 avril 2017

La ménopause des fées tome 1 - Gudule

Je ne voulais quand même pas faire un zéro pointé pour le mois belge, alors, profitant d'un arrêt maladie qui m'a coincée quelques jours inopinément à la maison, j'ai un peu lu, vu quelques films,  pas mal fait le ménage et beaucoup procrastiné.

Il faut dire que cette année, je n'avais pas grand chose d'avance comme lectures belges, et je suis allée voir du côté des e-books que j'avais acheté l'an dernier lors d'une opé promotionnelle.
Bingo, j'avais ce tire ( que j'avais pris parce qu'il me faisait rire) de Gudule. J'avais déjà chroniqué un autre titre l'an dernier, va pour cette histoire de fée. Et je peux déjà vous dire qu'elle n'est pas franchement pour les enfants...




En effet, les temps sont durs pour les héros de la geste Arthurienne.

Après des siècles passés tranquillement dans sa forêt de Brocéliande, Merlin n'est plus le glorieux enchanteur qu'il a été. Lorsque la forêt est rasée, il part à Paris, pour squatter la station de métro Brocéliande ( baptisée ainsi pour calmer la fureur des écologistes après destruction de la vraie Brocéliande). Une station sordide, dans un coin assez mal famé, où Merlin, devenu SDF alcoolique et vaguement timbré, s'installe en compagnie de trois fées de 15 cms de haut qui n'ont rien à lui envier question déchéance: Vivi est devenue amatrice de calembours foireux depuis qu'elle a failli être assommée par un almanach Vermot. Ce qui est une lecture encore assez saine, en comparaison de celles de Morgane. Laquelle s'est auto rebaptisée Moorgën depuis qu'elle s'est pris de passion pour les thèses d'extrême droit. Et la dernière, Clochette, assume pleinement d'être une cochonne miniature, qui se fait passer pour une figurine dans le but d'être ramassée par gamin, qui la tripotera allègrement.
Un enchanteur alcoolique, une fée à l'humour douteu, une autre néo-nazie et une troisième perverse.  Avec en prime un chien galeux, que Merlin baptise " Excalibur". Ce petit monde vivote en paix, jusqu'au moment ou Merlin trouve la carte de transport d'une certaine " Linda Graal", coiffeuse dans un salon miteux de ce quartier pauvre. Ni une ni deux, le voila qui décide de partir non en quête du Graal, mais de "la" Graal. Qu'il découvre en train de manger un sandwich au bar le Celtic tenu par Geneviève Gloadec ( immédiatement intitulé Dame Guenièvre par Merlin de pochard), en compagnie d'Arthur Lancelot, chômeur et dealer de cannabis à ses heures, fournisseur attitré et amoureux pas très transi de ladite Linda.
Trop de coïncidence décide Merlin: c'est un signe, le signe que le destin veut revenir aux temps glorieux de la chevalerie, et qu'il va avoir, pour se réaliser, besoin d'un sérieux coup de pied au cul que se Merlin se charge de lui donner ( et par la même occasion, retrouver un peu de sa défunte gloire)
Sa solution: empêcher Arthur de conclure avec Linda - car la geste est très claire: ça n'est pas Arthur qui trouvera le graal - et dégotterle Perceval des temps nouveaux pour le conduire à faire un enfant à Linda. Et ça tombe bien, il y a pas loin un type à la retraite, délinquant pas juvénile du tout, tagueur sexagénaire, qui occupe ses journées à dessiner de poétiques forêts enchantées sur les murs. Connu dans le quartier comme  "le père Cheval", ancien facteur, comme on peut le deviner.

Et j'ai bien aimé cette histoire complètement foutraque, ce Merlin dérangé et ses fées vieillissantes qui ne valent pas mieux, cette population modeste, qui rejoue à son insu une histoire épique qu'elle ne soupçonne pas. Tout y est outré, caricaturé ( bien sûr, la shampooineuse Linda n'est pas très futée, bien sûr son patron est homosexuel, bien sûr Geneviève est à la fois femme d'affaire et indécrottable fleur bleue...) mais le mélange de dialogues populaires voire crus mélangés à une narration au contraire, volontiers grandiose par moments est bien drôle. Le propos est souvent cru, mais Gudule, c'est tout à son honneur, reste sur le fil de la familiarité sans sombrer dans la vulgarité facile, justement grâce à ce ton décalé.

Et j'apprécie énormément que le dessin de couverture soit de Jean Solé, comparse de feue Gudule à Fluide Glacial ( d'ailleurs, c'est là que j'ai lu son nom pour la première fois il y a des années, elle faisait souvent de petites chroniques dans le magasine). En fait tout au long de ma lecture, j'ai vraiment imaginé cette histoire en mode " BD trash". C'est très visuel et on sent bien que Gudule fréquentait régulièrement la bande de Fluide Glacial.

En tout cas, ça m'a bien plu, c'est tout sauf prise de tête, je lirai volontiers la suite quand j'aurais l'occasion.

Ah et oui, pour ceux qui se demandent la "ménopause " des fées, c'est la fin de leurs pouvoirs. Elles naissent avec un "stock" de magie, et plus elles l'utilisent, plus il s'amenuise, jusqu'à arriver à zéro au bout d'un moment. Et une fée sans pouvoir autant dire qu'elle perd sa fée-minité et qu'elle est bonne pour la retraite.


C'est trop tard pour le Challenge "lectures arthuriennes"qui a fini depuis au moins deux ans, et le blog qui l'organisait a disparu de la toile, dommage...

jeudi 6 avril 2017

Leonora Carrington ( 1917- 2011)

L'autre jour , comme je parlais des Gymnopédies de Satie pour le film Paris pieds nus, j'ai voulu vérifier l titre, et en cherchant sur Youtube, je suis tombée sur un enregistement illustré de peintures surréaliste de Leonora Carrington.

Je ne connaissais pas du tout cette dame, mais, en voyant qu'elle était née le 6 avril 1917, j'ai eu envie de vous la faire découvrir pour le centenaire de sa naissance.

Leonora Carrington est donc une peintre et écrivaine anglo-mexicaine, née en Angleterre, qui a vécu en Angleterre, en France, en Espagne, avant de partir pour le Mexique.
Sa peinture me parlait pourtant, pas en elle-même, je suis sûre de ne l'avaoir jamais vue auparavant, mais parce qu'elle me rappelait en particulier Max Ernst et bingo, Leonora  a vécu et travaillé un temps avec lui, l'influence est assez marquée..

J'aurais pu garder ce billet pour Halloween, vu le côté un peu monstrueux de sa peinture ( c'est peu dire que c'est un coup de coeur immédiat pour moi) mais autant marquer le coup du centenaire!

Reina de los mandriles
baño de pajaros

La maja del tarot
La danza de los espectros
une tentation de Saint Antoine qui évoque un peu Jérôme Bosch



operation wednesday ( là encore un petit côté Bosch, sur l'extraction de la pierre de folie)
Brujas juegan al cubilete

the ancestor

the cockrow

Pour les suivants, je n'ai pas trouvé le titre..

le personnage rappelle un peu les gravures aztèques

sur celui-ci, ce sont tout à fait les couleurs qu'on trouve souvent chez Max Ernst
un autre Saint Antoine, là encore il y a du Jérôme Bosch..
qui n'aurait pas renié ce petit monstre musicien
Je vous le dis, coup de coeur immédiat pour cette sarabande de fantômes et de monstres qui doivent autant à l'Europe qu'au folklore mexicain.
La plupart des images que j'ai sélectionnées datent des années 50 à 70, mais pour voir une évolution de son style par époques, c'est ici

samedi 1 avril 2017

Paris Pieds Nus ( film 2017)

Mois Japonais sur l'autre blog, mois belge sur celui-ci. et si j'avais pas mal de billets d'avance pour le mois japonais, en revanche, ce sera plus compliqué pour le mois belge.
et comme avec mon changement de travail, je n'ai ni vraiment le temps, ni vraiment le goût de lire pour le moment ( je lis beaucoup de dossiers et j'écris beaucoup de mails, dans le cadre de ce nouveau job, donc, le temps que ça se décante, je préfère.. faire autre chose de mon temps libre) et j'ai décidé que les prochaines semaines seraient plutôt axées cinéma.

Comme parfois, les choses se goupillent bien, c'est justement le moment où le cinéma d'à côté a décidé de programmer "Paris pieds nus", nouvelle comédie burlesque du duo fanataisiste belgo-canadien Dominique Abel et Fiona Gordon. Je les avais découverts il y a quelques années avec le délirant " l'Iceberg" où une femme coincée toute une nuit dans la chambre froide du restaurant où elle travaille. Le choc thermique lui causant un choc psychologique et une véritable obsession pour la neige, la glace et le pôle Nord.
Je n'ai pas vu les films suivants, qui n'ont pas été diffusés ici à ma connaissance, mais j'ai donc sauté sur l'occasion de voir un peu d'humour absurde en ce jour pluvieux.

l'affiche annonce la couleur, ou plutôt les couleurs, très présentes, très pimpantes

Un film donc belge, avec une actrice principale canadienne et qui se passe à Paris.

Fiona, rousse canadienne à lunettes vit au fin fond d'un coin paumé et couvert de neige du Canada. Une quarantaine d'années plus tôt, sa tante Martha, danseuse,  a tout plaqué pour aller faire carrière en France.

un coin paumé , neigeux.. et venteux!

Mais voilà, Martha a maintenant 88 ans, elle pète la forme, mais perd un peu la mémoire, et lance un SOS à sa nièce pour qu'elle viennent à sa rescousse: les assistants sociaux ont décidé qu'il était grand temps pour elle d'aller en maison de retraite, et Martha refuse absolument.

Ni une ni deux, voilà Fiona, qui n'a jamais quitté son coin, partie avec un sac à dos aussi grand qu'elle, surmonté d'un cocasse drapeau canadien, partie pour un périple parisien à la recherche de tante Martha qui, manque de chance, a décidé justement ce jour là de prendre la poudre d'escampette pour échapper à l'assistante sociale.
Sitôt arrivée, la malchanceuse Fiona se retrouve à l'eau en voulant se faire photographier au bord de la Seine - elle s'y retrouvera un certain nombre de fois!

deux secondes avant la catastrophe

Alors qu'elle est repêchée parun bateau mouche, son sac à dos coulé avec elle sera retrouvé par Dom, SDF un peu philosophe qui campe dans le coin, et fouille les poubelles des bateaux restaurants en fonction du menu qu'ils proposent. Aubaine: le sac contient quelques vêtements et de l'argent. Ni une ni deux, Dom vêtu d'un seyant pull moulant jaune canari trouvé dans les affaires de Fiona s'offre un repas de luxe sur l'un des bateaux, où , justement, Fiona crevée et dépitée après une première journée passée à chercher sa tante et à déclarer la perte de ses papiers, tentait d'oublier qu'elle se retrouve elle aussi à la rue, sans le sous, avec seulement un ticket restaurant donné par l'ambassade. Parce qu'elle ne comprend pas le français, elle ne refuse pas une danse à l'envahissant Dom, qui par conséquent, tombe raide dingue amoureux de la pauvre canadienne paumée, et va lui filer le train toute la journée , en version seau de glu ( c'est comme un pot de colle mais en XXL)
en parallèle, on va assister à la journée de Marthe et voir comment tout ce petit monde passe des heures durant séparé seulement de quelques rues, sans jamais le savoir.

Dit comme ça ça n'a l'air de rien, mais ce film est une pépite de bonne humeur. Par son sens du timing et des gags burlesques, que ce soit la manière ridicule dont Fiona se retrouve à l'eau plusieurs fois, le tango totalement décalé sur une musique électro dont les basses font trembler les murs et les gens, un éloge funèbre tout sauf conventionnel, Bob le Canadien de la Police montée,  tante MArtha malade après s'entre envoyé un pot entierde beurre de cacahuettes, la savoureuse référence à la Ruée vers l'or et à la danse des pains faite par Emmanuelle Riva et Pierre Richard ( un acteur que j'aime énormément et dont la carrière est bien plus intéressante maintenant que dans les années 70.Même si son rôle est très court, même en pyjama, il a une classe rare. Quand à feue Emmanuelle Riva, c'est un plaisir pour moi de voir que sa carrière ne s'est pas finie sur le très déprimant " Amour", mais sur ce film burlesque où elle incarne une mamie pétulante.)

Paris pieds nus, et Paris en chaussettes aussi

Les médias insistent sur une parenté de ce cinéma avec Pierre Etaix , Tati, ou Chaplin ( et pour le coup, la référence est même voulue) mais de mon côté c'est plutôt à Buster Keaton et Harold Lloyd que j'ai pensé. L'ascension nocturne de la tour Eiffel autant que les lunettes de Fiona m'ont vraiment fait penser à "Monte là dessus" Et ce n'est pas un mince compliment. En tout cas c'est un chouette hommage au cinéma burlesque et muet, avec ses gags très visuels. Je ne sais pas si les acteurs-metteurs en scène ont commencé par la danse, mais tout est chorégraphié minutieusement, et pas seulement les passages de danse. vu qu'un de leurs film précédents s'intitule rumba, ce n'est pas impossible.

Et quel plaisir, à la fois visuel et sonore que ce plan de l'aube parisienne vue depuis la Tour Eiffel, sur fond de Gymnopédie de Satie, un pur moment contemplatif comme j'aime ( d'où le "Pieds nus" du titre, pas seulement lié aux fait que Dom et Fiona se retrouvent régulièrement sans chaussures)

Donc tout ça pour dire que je conseille chaudement ce film atypique à tous les amateurs de spectacle visuel et d'humour absurde.
Car non le cinéma belge ne se limite pas au cinéma social des frères Dardenne pour ne citer que les réalisateurs les plus connus. C'est malheureusement trop rare que la programmation s'aventure hors des chemins battus et des noms les plus célèbres.

La bande annonce:



Et une interview de Fiona Gordon et Dominique Abel qui expliquent leur travail..


quoi de mieux pour commencer un mois belge un 1° avril qu'un film comique?


mardi 21 mars 2017

re-re-re changement de programme

Car définitivement, rien ne se passe jamais comme prévu.
je dois bien en être à J ou K maintenant. J'éviterai quand même le Q.


Il y a quelques temps, je parlais ici de mon ras-le-bol professionnel, dans mon travail peu intéressant, où j'avais en gros 5 phrases à dire.
Et de mon envie de reprendre des études dans le domaine qui me plaît.
Sauf que...

Non je n'ai pas abandonné cette idée, mais une fois de plus un concours de circonstances m'amène à la retarder.
Car, pour me sortir de cette situation, j'avais aussi entrepris en parallèle, de chercher une mutation , au minimum, de changer de service à défaut de quitter la région.
Et , après des semaines , des mois, des concours, un entretien de mutation sans résultat l'an dernier, le coup de pouce est arrivé d'un certificat médical , attestant que je craignais la moisissure et que je devais changer de poste.
Début février, me voilà au service des mutations, il n'y a rien pour moi, blablabla.. 2semaines après on m'a appelée pour me proposer quelque chose.. et moins d'un mois plus tard, me voilà à un nouveau poste depuis 1 semaine.
Et pour vous dire à quel point les choses se sont précipitées, nous sommes mardi. J'ai passé l'entretien il y a pile 2 semaines. Le jeudi suivant on m'annonçait que c'était ok, et j'ai commencé lundi de la semaine dernière. Une seule fois dans ma vie, pour un petit boulot, ça avait été plus rapide: entretien le jeudi soir, ok , c'est bon, tu commences demain matin.

Mais et c'est un peu le problème, après 7 ans et 3 mois à faire quasiment la plante verte avec une gamme d'environ 8 phrases à dire ayant pour sujet les photos, les sacs à dos, les toilettes et ne pas téléphoner... Je passe d'un poste où je n'avais rien à faire à part lire et compter mes doigts, les dalles du sol, mes cheveux, à un poste où j'ai tout absolument tout à apprendre.Niveau flexibilité, ce n'est plus le grand écart, c'est carrément la compétition olympique de gymnastique. Autant dire le changement absolu, et je dois apprendre en même temps non pas un métier ( assistante d'administration) mais deux ( tenir l'agence de poste en prime). J'ai été engagée sur mes nombreuses expériences de tenue de caisse et le fait que je sache allumer un ordinateur...mais j'ai zéro expérience de secrétariat. Et même pas arrivée à la fin de la première semaine, j'apprends en sus que je suis bombardée secrétaire de mairie. J'ai trois mois pour faire mes preuves dans un secteur où je ne connais absolument RIEN.
Autant dire que les semaines à venir vont être fortement dosées en formation.
Et que je n'ai pas ouvert un livre depuis quasiment 10 jours, pas le temps, et j'ai tellement à mémoriser que mon cerveau dit stop.
Vendredi soir, après 6 jours (parce que j'ai enchaîné les deux postes, samedi repos, dimanche musée, lundi à vendredi mairie), il m'aurait été impossible d'engranger la moindre donnée en plus.




Surchauffe, à la limite de l'écran bleu, défragmentation urgente.

et après ça, le WE dernier, le cerveau a travaillé en arrière plan. Ce n'est pas une vaine comparaison, sinon comment expliquer que j'ai passé la nuit du samedi au dimanche à rêver de colis en instance? Et celle du dimanche au lundi à me réveiller et à penser " heu...attends, j'ai rêvé un truc lié au boulot? Mais.. ça me paraît bizarre, l'histoire du code couleur, là,c'est un truc qu'on m'a réellement dit, ou bien est-ce que c'était seulement un rêve?".

Pas que ce nouveau travail soit passionnant, mais après 7 ans presque et demis dans la position du ficus ( même le yoga ne connaît pas!), même le fait de passer  le matin à vendre des timbres et à envoyer des mails et l'après midi à détruire des archives devenues inutiles dans un broyeur à papier paraît hautement intéressant: je FAIS quelque chose. et arrivée à 16h30, je constante qu'il ne me reste plus que 30 minutes et je rentre chez moi.. sans avoir senti passer péniblement chaque minute.

Du coup avec 3 mois de période d'essai, je peux difficilement reprendre mes études cette années, et , une fois arrivée à la fin de la période, dire " bon ben, c'était cool, merci, mais maintenant je pars en disponibilité pendant au moins 3 ans". Ca ne serait pas cool d'une part, et ça serait aussi le meilleur moyen pour qu'on me le refuse.
Mais, suite logique de cette nouvelle situation: je suis à 3 arrêts de bus de mon nouveau travail. Pas assez de temps pour lire.Pas de temps à la pause déjeuner. Et après avoir passé la journée à essayer de mémoriser des choses, à lire des modes d'emploi ou des mails, à en écrire et à en envoyer.. je n'ai pas franchement le courage de lire tout court.

Regarder des films, oui. Jouer à des jeux vidéo, aussi. Mais là, je n'ai pas le réflexe de lire, même pour finir ce qui est entamé.

Conséquence: Le mois Ecossais ne comptera probablement pas de deuxième lecture. LaSF aura été très réduite aussi. J'ai de l'avance pour le Japon, ce qui devrait me permettre de caler une ou deux participations belges en avril.
Mis pendant quelques temps, suffisamment pour m'adapter à ce nouvel environnement, je suis un peu au ralenti. Promis je reviens bientôt, quand j'aurais un peu plus intégré d'automatismes, ce qui me permettra  de..
Eeeeeet mirde, on change d'heure le Week-end prochain, il va encore me falloir un bon mois pour m'acclimater au décalage horaire.

Bienvenue amis curieux!

Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouvait un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture